Des subventions accordées à un syndicat lycéen pro-Blanquer suscitent des interrogations

Par JP
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Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, le 17 octobre 2020 à Paris  - ABDULMONAM EASSA © 2019 AFP
Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, le 17 octobre 2020 à Paris - ABDULMONAM EASSA © 2019 AFP

Une enquête administrative a été ouverte par le ministère de l'Éducation nationale après des révélations de Mediapart faisant état de subventions accordées à Avenir lycéen, un syndicat favorable à Jean-Michel Blanquer, qui auraient été dilapidées.

Selon le site d'information, cette structure créée en 2017, qui défend des positions pro-gouvernementales, aurait dépensé une bonne partie des 65.000 euros de subventions reçues en 2019 en frais de bouche, déplacements et autres dépenses dans des bars et hôtels de luxe.

Interrogé ce jeudi, le ministère assure qu'un "contrôle sur pièces" va être lancé sur l'utilisation de ces subventions "afin de vérifier ce qui s'est passé".

"Situation de favoritisme"

"S'il y a eu des dépenses anormales, problématiques, on en tirera toutes les conséquences", a précisé Edouard Geffray, directeur général de l'enseignement scolaire (Dgesco), le numéro deux du ministère.

"Pour le moment, la subvention de 30.000 euros prévue au titre de 2020 n'a pas été versée", a-t-il par ailleurs souligné.

De son côté, le syndicat lycéen UNL a annoncé son intention de porter plainte contre le ministère de l'Education pour dénoncer "une situation de favoritisme", a expliqué ce jeudi son président, Mathieu Devlaminck.

"Avenir Lycéen, une association proche du gouvernement puisque la majorité de ses membres appartiennent aux Jeunes avec Macron (JAM), ont toujours obtenu les subventions demandées, alors même qu'il y avait des magouilles dans leurs comptes", dénonce-t-il. Dans le même temps, celles de l'UNL, "opposée aux réformes du gouvernement, baissaient". Le MNL et la FIDL ont également demandé des comptes au ministère.

"Faits non avérés"

Le ministère se défend, lui, de tout favoritisme: "Avenir lycéen est une organisation représentative au Conseil supérieur de l'éducation", souligne Edouard Geffray. Or les subventions sont accordées en fonction d'une "grille d'analyse" dont fait partie la représentativité, ainsi que la nature des projets ou des actions prévus.

Le ministère rappelle par ailleurs qu'il ne peut vérifier qu'a posteriori, un an après son versement, si une subvention a bien servi à mener les actions prévues.

Au lendemain de la parution de l'article de Mediapart, Avenir lycéen avait réagi sur Twitter en dénonçant des "faits non avérés" imputés aux "mandatures précédentes", et annoncé la démission de huit de ses dirigeants.

"Dans ce contexte, il ne nous est plus possible de représenter au mieux les intérêts de tous les lycéens", ont-ils écrit.

Article original publié sur BFMTV.com