Stress traumatique : un médicament pour réactiver les souvenirs

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Deux études ont été menées, entre 2013 et 2017, pour confirmer le bénéfice des séances et de l’efficacité du propranolol grâce à un groupe de patients sous placebo.

À Toulouse, une équipe travaille sur une prise en charge du stress traumatique. Elle étudie la réactivation du souvenir traumatique associée à la prise d’un médicament.

L’attentat de Nice, les attentats de Paris et de Saint-Denis en novembre 2015, l’explosion de l’usine AZF, autant d’événements traumatisants qui peuvent laisser des séquelles psychologiques à de nombreuses personnes. Une équipe toulousaine travaille au sujet de ce stress traumatique depuis 15 ans.

La Dépêche détaille ces recherches liées à la réactivation du souvenir traumatique associée à la prise d’un médicament, le propranolol. Ce médicament antimigraineux de la classe des bêta-bloquants a été administré à des patients souffrant d’un stress traumatique chronique (plus de 6 mois après le traumatisme). Cette étude, débutée en 2007, est menée à Toulouse par le Pr Philippe Birmes, psychiatre, et le Pr Pascal Roullet, chercheur en neurosciences, au Centre Régional Psychotraumatisme Occitanie du CHU de Toulouse.

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Agir sur la mémoire

Deux études ont été menées, entre 2013 et 2017, pour confirmer le bénéfice des séances et de l’efficacité du propranolol grâce à un groupe de patients sous placebo. "Notre étude a montré que les personnes ayant pris le placebo avaient autant réduit les symptômes de stress traumatique que celles sous propranolol. La différence entre les deux groupes intervient après trois mois : on constate moins de rechutes dans le groupe sous propranolol, notamment chez les personnes à plus haut niveau de stress post-traumatique, comme les femmes agressées sexuellement", a expliqué le Pr Philippe Birmes. Des propos complétés par le Pr Pascal Roullet : "Ce qui nous intéresse là, c’est la possibilité d’agir sur la mémoire, d’estomper de manière définitive la vivacité émotionnelle des souvenirs pour passer d’un souvenir traumatique intrusif à un mauvais souvenir qui devient une partie du chemin de vie".

Sur le même principe, une nouvelle étude va intégrer 92 enfants souffrant de stress traumatique : "Nos collègues de Nice reçoivent encore des familles touchées par l’attentat du 14 juillet 2016 et nous savons que les confinements pour Covid-19 ont accentué les violences interfamiliales", expliquent les chercheurs.

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