Quand le stress post-traumatique complique le deuil

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Île d’Utoya, Norvège, juillet 2011. Plus de 500 jeunes de moins de 20 ans participent à un rassemblement de la jeunesse travailliste quand ils sont pris pour cible par Anders Behring Breivik, un terroriste d’extrême-droite. 69 jeunes sont tués au terme d’une fusillade qui a également fait des dizaines de blessés.

Dix ans après, la revue Psychological Trauma : Theory, Research, Practice and Policy publie le travail de chercheurs norvégiens qui se sont intéressés au processus de deuil d’une partie des survivants de la tuerie. Des personnes elles-mêmes directement exposées à cet événement traumatique et qui ont perdu un proche (ami, membre de leur famille ou partenaire).

« Deuils compliqués »

Ces survivants ont participé à des entretiens cinq mois, puis quinze mois et enfin trente-deux mois après l’attentat. Un suivi qui a permis d’évaluer la présence voire la persistance de symptômes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) (attaques de panique, flash back, cauchemars…) d’une part, et de déterminer leur rapport au deuil d’autre part. Résultat : les participants ayant déclaré des symptômes du SSPT étaient plus susceptibles de présenter par la suite des réactions de « deuil compliqué ».

Comment se caractérise-t-il ? « Le deuil compliqué a été défini comme un désir persistant et intense, une nostalgie et une tristesse, généralement accompagnés de pensées ou d’images insistantes de la personne décédée et d’un sentiment d’incrédulité ou d’incapacité à accepter la douloureuse réalité de la mort de la personne », explique Kristin Alve Glad, chercheuse au Centre norvégien d’études sur la violence et le stress traumatique et autrice principale de l’étude.

Car contrairement au deuil « normal », au cours duquel les symptômes finissent par s’estomper (généralement au bout d’un an), il n’est pas rare qu’ils persistent ou s’aggravent dans le cas d’un deuil compliqué, avec un retentissement important sur la vie de la personne endeuillée. Pour Kristin Alve Glad, « nos résultats suggèrent que lors du traitement des survivants de traumatismes, le fait de cibler les symptômes du SSPT à un stade précoce pourrait les aider à éviter un deuil compliqué par la suite ».

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