Et si la stratégie vaccinale n’était pas assez offensive ?

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Chloé Morin de Societing et Adrien Abecassis (directeur de recherche au Forum de Paris de la paix) s'interrogent sur le choix du gouvernement d'une stratégie de persuasion progressive pour la campagne vaccinale. 

C’est entendu : la France compte parmi les pays développés les plus « vaccino-sceptiques ». Le vaccin contre le COVID n’échappe pas à la règle, si l’on en croit les dernières données publiées - seuls 53% des Français se disent aujourd'hui prêts à se faire vacciner selon Santé Publique France .

Alors que les images commencent à se multiplier, sur nos écrans, de séances de vaccination à travers le monde, de présidents et Premiers ministres des grands pays s’astreignant à montrer l’exemple à leurs concitoyens, lesquels ont plutôt tendance à célébrer le vaccin comme un sauveur, parfois avec un soupçon de nationalisme (à l’instar de Boris Johnson qui a « vendu » sa stratégie comme une conquête et l’opportunité d’être le premier peuple européen vacciné), l’ambiance en France tranche avec le regain d’optimisme mondial.

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Le gouvernement, qui semble particulièrement inquiet des réticences de l’opinion face au vaccin, semble confondre la transparence indispensable avec un excès de prudence. Au point de renvoyer une image d’hésitation, guère encourageante pour des Français eux-mêmes déjà hésitants. « La France a fait le choix d’une vaccination progressive, privilégiant en premier lieu les personnes les plus à risques de faire des formes graves, et fondée sur leur consentement. Nous ne confondons pas vitesse et précipitation » a tweeté le ministre de la Santé Olivier Veran. Comment comprendre ce décalage ? Serions-nous encore englués dans nos névroses, pendant que le monde entier s’apprête à sortir enfin du cauchemar ?

Le gouvernement a raison de miser sur la transparence et le dialogue. Reste qu’un excès de prudence pourrait, c’est l’hypothèse que(...)


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