Vers une stratégie nationale contre l'endométriose

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La gynécologue Chrysoula Zacharopoulou, aujourd'hui eurodéputée LREM, le 27 juin 2016 à Paris

Le ministre de la Santé a lancé vendredi une mission visant à l'élaboration d'ici fin avril d'une stratégie nationale contre l'endométriose, destinée à mieux faire connaître, diagnostiquer et prendre en charge cette maladie dont souffre une femme sur 10 en France.

La mission confiée à l'eurodéputée LREM Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue très engagée sur ce sujet depuis des années, devra répondre "aux cinq défis principaux que nous pose cette maladie, à savoir sa détection, le parcours de soins des patientes, leur prise en charge, la recherche et la communication", a déclaré Olivier Véran lors de la réunion de lancement.

Le gouvernement avait lancé en 2019 un plan pour améliorer la prise en charge de cette maladie, "première cause d'infertilité en France", qui passait notamment par la mise en place de filières régionales rassemblant les divers spécialistes de la maladie. Mais sa mise en oeuvre a pris du retard en raison de la crise sanitaire du Covid-19, selon le ministère, qui vise une filière dans chaque région d'ici la fin de l'année.

La future stratégie nationale devra "d'abord faire connaître l'endométriose et éduquer les nouvelles générations", ainsi que former les professionnels de santé, des médecins généralistes aux infirmières scolaires, en passant par les gynécologues et les médecins du travail, pour améliorer le diagnostic, a souligné Chrysoula Zacharopoulou.

"Une approche transversale est indispensable: l'éducation, le monde du sport, le monde de l'entreprise doivent être informés et sensibilisés sur la maladie", a-t-elle ajouté, notant que l'endométriose "peut considérablement affecter le parcours éducatif des jeunes filles et la vie professionnelle des femmes".

L'endométriose, sur laquelle les connaissances restent lacunaires, est liée à la présence de cellules d'origine utérine en dehors de l'utérus, qui réagissent aux hormones lors des cycles menstruels. Parfois asymptomatique, elle peut aussi se manifester par des règles abondantes et de violentes douleurs. La méconnaissance de la maladie entraîne un retard diagnostic pouvant aller jusqu'à 10 ans.

Appelant à se libérer du "tabou" autour des règles, le Dr Zacharopoulou a également mis en avant la nécessité pour cette mission de se pencher notamment sur les questions de prise en charge de la douleur, d'accompagnement psychologique et social et sur l'accès à l'assistance médicale à la procréation.

"Je vous invite, aujourd'hui et dans les semaines de travail que nous avons devant nous, à être innovants, à être créatifs, à ne pas avoir peur de nous bousculer. C'est un espoir pour des centaines de milliers de nos concitoyennes touchées par cette maladie", a déclaré de son côté Olivier Véran.

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