La stratégie de Macron aux municipales sème la pagaille et se retourne contre lui

Romain Herreros
Emmanuel Macron et Cedric Villani lors d'un déplacement à Pékin en janvier 2018. 

POLITIQUE - Une ultime tentative qui s’est avérée vaine. Malgré l’investissement personnel d’Emmanuel Macron dans la campagne parisienne, qui a demandé à Cédric Villani de “se rapprocher” de Benjamin Griveaux, le candidat dissident s’est montré inflexible: il ira jusqu’au bout coûte que coûte. Et ce n’est pas son exclusion de La République en Marche annoncée ce lundi 27 janvier qui devrait changer la donne.    

Les mots choisis par l’homme qui cache la forêt des dissidences LREM sont particulièrement forts. “Aujourd’hui, j’acte une divergence majeure (avec le chef de l’État)”, a déclaré Cédric Villani à sa sortie de l’Élysée, expliquant qu’à la bénédiction élyséenne, il préférait son engagement pour Paris. “Je sais ce que je dois à Emmanuel Macron. Je sais aussi ce que je dois aux Parisiens qui me font confiance”, a-t-il souligné.

De l’aveu des proches du président de la République, cette imperméabilité à la pression est vécue comme une gifle. “On se doutait qu’il ne renoncerait pas à être candidat, mais on ne s’attendait pas à une telle déclaration, à fleur de peau, une sorte de gigantesque bras d’honneur fait au président”, souligne au Monde un visiteur du Château.

Mais le chef de l’État ferait mieux de s’habituer à ce genre de salves. Car les personnalités élues avec l’étiquette macroniste -et s’étant mis en retrait du parti présidentiel en critiquant son fonctionnement- entonnent désormais le même refrain. “Nous savons ce que nous devons au président. Mais sait-il ce qu’il doit à ceux qui l’ont suivi et porté? Seuls comptent les citoyens au final”, a réagi dans un tweet la députée du Nord Jennifer de Temmerman, qui avait quitté le groupe LREM courant novembre.  

De l’approche darwinienne au bazar général 

Dans l’été, et alors que l’hypothèse d’une candidature dissidente se profilait compte tenu du contexte dans lequel l’investiture LREM fut donnée à Benjamin Griveaux, Emmanuel Macron avait choisi la position de spectateur, en attendant de voir lequel des deux...

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