Strasbourg: rassemblement de policiers au lendemain de la condamnation d'un des leurs

Hugo Septier avec AFP
Le badge d'un officier de police (photo d'illustration). - Denis Charlet / AFP

Ils étaient environ 200 policiers ce mercredi à manifester, à Strasbourg, leur "mal-être" au lendemain de la condamnation d'un des leurs à 18 mois de prison avec sursis pour avoir matraqué une "gilet jaune", a-t-on appris de sources syndicales.

Les officiers se sont d'abord rassemblés sur le parvis de l'Hôtel de police où ils ont symboliquement déposé leurs "bâtons de défense" dans un carton qui sera entreposé à l'armurerie.

"On considère qu'on ne peut plus exercer nos missions", a réagi auprès de l'AFP, Emmanuel Georg, secrétaire départemental du syndicat Unité-SGP pour le Bas-Rhin.

Un cortège de 30 à 40 véhicules s'est ensuite mis en route, toutes sirènes hurlantes, vers la préfecture.

"Message extrêmement fort de soutien"

Dans une lettre remise à la préfète du Bas-Rhin et de la région Grand Est, Josiane Chevalier, que l'AFP a pu consulter, l'intersyndicale déplore que "les tonfas et matraques" soient "aux yeux de la Loi, une cause aggravante".

Une délégation a été reçue par la préfète. "Elle a pris le temps de nous écouter", s'est félicité Michel Corriaux, secrétaire régional Grand Est pour Alliance, auprès de l'AFP.

"Nous avons fait le tour de toutes les problématiques, elle a tenu un message extrêmement fort de soutien et de confiance aux policiers", s'est-il réjoui.

Avant de nuancer : "on est sensible à son soutien mais les policiers attendent des actes et un signal fort, par exemple que le président de la République reçoivent les représentants nationaux."

"D'autres actions seront à venir"

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné mardi un policier à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir matraqué une manifestante "gilet jaune" en janvier 2019. Une peine assortie de cinq ans d'interdiction de port d'arme.

"Ce n'est pas la raison principale" de la manifestation, a souligné Michel Corriaux. "Il faut retenir un contexte général. Les policiers sont sur tous les fronts et on a des difficultés énormes.

"Ça rajoute une pierre à l'édifice. La condamnation n'est pas là pour calmer les choses", a renchéri Emmanuel Georg. "D'autres actions seront à venir", a anticipé le syndicaliste.

Article original publié sur BFMTV.com