Un ministre israélien menace Assad en cas d'attaque iranienne

Israël pourrait renverser le président Bachar al Assad si jamais l'Iran utilise le territoire syrien pour attaquer Israël, a déclaré lundi le ministre israélien de l'Energie, Yuval Steinitz, membre du cabinet de sécurité. /Photo d'archives/REUTERS/Yiannis Kourtoglou (Reuters)

JERUSALEM (Reuters) - Israël pourrait renverser le président Bachar al Assad si jamais l'Iran utilise le territoire syrien pour attaquer Israël, a déclaré lundi le ministre israélien de l'Energie, Yuval Steinitz, membre du cabinet de sécurité.

Israël s'inquiète du soutien apporté par les Iraniens au gouvernement de Damas, soutien qui avec celui de la Russie a permis au président Assad de marquer des points face à la rébellion.

Le 9 avril, une frappe aérienne a tué sept gardiens de la Révolution iranienne sur une base aérienne en Syrie. Téhéran a accusé Israël d'avoir mené cette attaque et a promis des représailles.

"Si Assad permet à l'Iran de faire de la Syrie un poste militaire avancé contre nous, s'il permet à l'Iran de nous attaquer à partir du territoire syrien, il doit comprendre qu'il signera sa fin et la fin de son régime", a déclaré Yuval Steinitz au site internet d'information Ynet.

Prié de dire si Israël pourrait assassiner le président Assad, le ministre a répondu: "il pourrait le payer de son sang". Il a toutefois ajouté qu'il ne parlait nullement de projet concret, laissant entendre que ses propos ne reflétaient peut-être pas la position du gouvernement israélien.

Un article du site Ynet, à partir des déclarations de Steinitz, fait explicitement référence à la menace de tuer Bachar al Assad mais cette menace directe ne semble pas corroborée par les propos du ministre quand on écoute l'interview.

"HEZBOLLAH = LIBAN"

Outre l'aide russe, la présence de miliciens chiites du Hezbollah libanais, appuyés par l'Iran, au côté des forces gouvernementales syriennes a permis à Assad de reconquérir de vastes territoires sur les rebelles depuis deux ans. Israël craint que les combattants iraniens en Syrie restent sur place, constituant un nouveau front contre l'Etat hébreu.

Dimanche, la presse israélienne a fait état de mises en garde des services de renseignement concernant d'éventuels tirs de missiles iraniens sur des bases militaires israéliennes à partir de la Syrie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rencontrera mercredi prochain le président russe Vladimir Poutine à Moscou et le dossier syrien devrait figurer au coeur de leurs discussions.

"Quiconque s'intéresse à la survie d'Assad devrait lui dire qu'il doit empêcher toute attaque contre Israël", a affirmé Yuval Steinitz.

Un autre ministre israélien, également membre du cabinet de sécurité, s'est inquiété pour sa part du bon résultat du Hezbollah aux élections législatives de dimanche au Liban.

"Hezbollah = Liban", a écrit sur Twitter Naftali Bennett, ministre de l'Education et président du parti d'ultra-droite Le Foyer juif.

"L'Etat d'Israël ne fera pas de différence entre l'Etat souverain du Liban et le Hezbollah et considérera le Liban comme responsable de toute action en provenance de son territoire", a-t-il ajouté.

Le Hezbollah et ses alliés ont remporté un peu plus de la moitié des sièges au Parlement, selon les résultats préliminaires annoncés par les partis politiques et la presse.

(Dan Williams; Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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