Steeve Briois, vice-président du RN, jugé pour complicité de "provocation publique à la discrimination"

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Steeve Briois lors de son élection officielle à Hénin-Beaumont, le 30 mars 2014. - Philippe Huguen - AFP
Steeve Briois lors de son élection officielle à Hénin-Beaumont, le 30 mars 2014. - Philippe Huguen - AFP

Le vice-président du Rassemblement national Steeve Briois sera jugé pour "complicité de provocation publique à la discrimination" et l'eurodéputé RN Jean-François Jalkh pour "provocation à la discrimination" dans l'affaire du guide d'élus publié en 2014, selon une information obtenue ce lundi de source judiciaire.
Initialement placé sous le statut de témoin assisté, le maire d'Hénin-Beaumont a été mis en examen en novembre dernier, avant d'être renvoyé devant un tribunal.

Appliquer la "priorité nationale dans l'accès aux logements sociaux"

En 2014, la Maison des Potes, réseau d'associations spécialisées dans la lutte contre les discriminations, avait porté plainte contre les responsables de la publication du "Guide pratique de l'élu municipal Front national", qui recommandait l'application de la "priorité nationale dans l'accès aux logements sociaux".

Dans ce dossier, l'ex-eurodéputée Sophie Montel, qui a depuis quitté le parti frontiste, a également été renvoyée pour "complicité de provocation publique à la discrimination".

Jean-François Jalkh était alors directeur des publications du FN et Sophie Montel chargée de la coordination des élus au sein du secrétariat général du parti. Steeve Briois, alors secrétaire général, avait préfacé le guide.

Des poursuites "honteuses"

"De manière délirante, il est reproché à ce guide, dont je ne suis ni l'éditeur, ni l'auteur, de vanter les mérites de la préférence nationale", a réagi Steeve Briois. "Sur le fond comme sur la forme, il n'y a évidemment aucune complicité ou d'incitation à la discrimination de ma part", a-t-il ajouté.

La présidente du Rassemblement national a estimé sur Twitter qu'il s'agissait de poursuites "honteuses".

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De son côté, l'avocat de Jean-François Jalkh, Me David Dassa-Le Deist, a affirmé que son client "conteste toute responsabilité pénale" et "conteste toute exhortation à la discrimination". Le Parlement européen avait levé l'immunité de Jean-François Jalkh en novembre 2016, puis celles de Steeve Briois et Sophie Montel en octobre 2018.

Enquête sur des soupçons d'emplois fictif

Dans une autre affaire, Jean-François Jalkh a été mis en examen en juillet dernier pour "détournement de fonds publics" dans l'enquête sur des soupçons d'emploi fictif d'assistants parlementaires du RN. Au total, environ 29 élus et assistants, dont Marine Le Pen, son père et le parti lui-même, sont mis en examen, pour "détournement de fonds publics" ou des délits connexes.

"On a bataillé pendant plus de six ans pour avoir ce renvoi et nous l'avons obtenu malgré tous les barrages du RN", s'est réjoui Samuel Thomas, président de la Maison des Potes.

Selon lui, "ce renvoi permet de rappeler que prôner la préférence nationale et donner des injonctions à mettre en oeuvre des politiques discriminatoires dans des villes sont prohibés".

Article original publié sur BFMTV.com

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