Cette statue de Victor Hugo a été rénovée à Besançon, et cela fait polémique

POLÉMIQUE - À Besançon, une statue pourtant installée depuis vingt ans se retrouve au cœur d’une polémique. Abîmée par le temps et l’oxydation, ce monument représentant Victor Hugo, né dans la commune du Doubs, avait bien besoin de se refaire une beauté. Mais à la suite de sa restauration, certains jugent désormais la couleur de son visage « trop noire ». Parmi eux, des élus d’extrême droite qui ont alimenté la polémique et attaqué la maire Anne Vignot sur les réseaux sociaux.

Sur Twitter, l’eurodéputé et cadre de Reconquête Gilbert Collard a parlé de « folie woke des verts » et affirmé que « la mairie EELV de Besançon érige une statue de Victor Hugo noir contre la volonté de la veuve de l’artiste ». « La ville de Besançon a décidé de repeindre la statue de Victor Hugo en noir dans le seul souci de rejoindre la mode du progressisme ambiant. La blanchité littéraire devient un délit », renchérit de son côté Philippe de Villiers.

Dans la nuit du 20 au 21 novembre, la statue a même été vandalisée, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, le visage de l’écrivain étant couvert de peinture blanche. La ville de Besançon a annoncé avoir porté plainte et des barrières ont été installées pour protéger l’œuvre.

Face à ces attaques, Anne Vignot a dénoncé un « racisme assumé ». Dans une conférence de presse organisée ce mardi 22 novembre, la maire de Besançon a tenu à rappeler que « les valeurs de la République, à côté de Victor Hugo, c’est liberté, égalité, fraternité, solidarité, et surtout antiracisme. »

Une restauration fidèle à l’œuvre d’Ousmane Sow

La statue avait été installée en 2003 sur l’Esplanade des droits de l’Homme dans la commune du Doubs. Son auteur, le sculpteur sénégalais Ousmane Sow, décédé de 2016, avait choisi une patine bronze foncée pour son œuvre. Des photos d’archives datant de 2002 montrent ainsi que la statue originale n’avait pas le teint clair à son installation. La fonderie Coubertin, en charge de la restauration, a opté pour une reprise de patine similaire afin de rester fidèle à l’œuvre colorée du sculpteur.

Dans l’Est Républicain, Béatrice Soulé, l’agente et la veuve d’Ousmane Sow évoquée par Gilbert Collard dans son tweet, note toutefois une différence entre la version restaurée et originale : « On dirait un Victor Hugo noir, ce qui n’a jamais été l’intention d’Ousmane. »

Après la polémique, elle a cependant précisé que la rénovation de la statue n’était pas terminée et qu’il était normal que les couleurs ne soient pas exactement identiques, puisqu’elles sont issues de l’oxydation du bronze. « Le patineur est obligé d’interpréter un peu. Il travaille le bronze dans le but que ses patines soient pérennes » a-t-elle expliqué à France 3 Franche-Comté.

Lors de la conférence de presse de ce mardi, le directeur de la fonderie, Christophe Béry, a expliqué que la patine initiale avait presque entièrement disparu, et que la restauration avait simplement permis de rendre à la statue ses couleurs d’origine. Il reste désormais à espérer que la finition de la patine ne soit pas accompagnée d’une nouvelle couche de racisme.

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