Stations de ski: une députée propose de décaler les vacances d'hiver et de printemps pour limiter les pertes

Clarisse Martin
·4 min de lecture

La députée de la majorité Pascale Fontenel-Personne estime que cela permettrait notamment de limiter l'affluence dans les stations, tout en étalant la saison sur une plus longue période.

Décaler les vacances scolaires d'hiver et de printemps pour "sauver" la saison des sports d'hiver. C'est la proposition de la députée de la Sarthe Pascale Fontenel-Personne. L'ancienne élue La République en Marche (LaREM), apparentée au MoDem depuis septembre, a adressé une question au gouvernement en ce sens le 17 novembre, et publié un communiqué à teneur similaire dix jours après.

"Nous devons envisager un étalement des vacances de février et au printemps en modifiant le principe de superposition des zones A, B et C. Cela aura deux effets: limiter l'affluence, et donc répondre à la sécurité sanitaire renforcée mais aussi rallonger la période d'exploitation des domaines skiables français", écrit la parlementaire.

La veille, le Premier ministre Jean Castex l'avait annoncé: les stations de montagne seraient ouvertes en décembre, mais pas les remontées mécaniques.

"Très peu de marge de manœuvre"

Le calendrier scolaire de l'année 2020-2021 est cependant fixé de longue date: il a été décidé par un arrêté du 26 juillet 2019. Serait-il possible, dans le contexte de la pandémie de coronavirus et au motif de favoriser la saison des sports d'hiver, de bouleverser in extremis le planning scolaire des prochains mois?

Rue de Grenelle, cela semble peu plausible à ce jour. "Il y a très peu de marge de manœuvre", fait valoir le ministère de l'Éducation nationale à BFMTV.com. "Cela nécessiterait que le ministre prenne un arrêté" car ce n'est pas possible "en l'état actuel du droit", poursuit le ministère. "Normalement, les aménagements doivent faire l'objet d'une publicité au moins un an à l'avance", ajoute-t-on.

La commission chargée de fixer les calendriers scolaires s'appuie sur l'article L. 521-1 du Code de l'éducation, qui dispose que "l'année scolaire comporte trente-six semaines au moins réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes".

"Un calendrier scolaire national est arrêté par le ministre chargé de l'Éducation pour une période de trois années. Il peut être adapté, dans des conditions fixées par décret, pour tenir compte des situations locales", ajoute le texte de loi, ce qui semble exclure les motifs économiques invoqués par Pascale Fontenel-Personne.

Limiter les pertes

Jointe par téléphone, l'élue balaye ces considérations. "Je ne m'arrête pas à 'c'est compliqué', sinon on ne répondrait à rien depuis le début de la crise", argue la centriste.

La parlementaire de la Sarthe juge nécessaire des modifications, notamment parce que les stations de ski risquent, selon ses estimations, de perdre "15 à 20% de chiffre d'affaire à Noël", alors que, selon les termes de son communiqué, "les professionnels du tourisme de montagne" avaient déjà été "amputés de leur fin de saison en 2020 par le premier confinement".

"Ça répondrait également aux saisonniers qui eux auraient un contrat plus long", ajoute-t-elle.

"De facto, vous auriez (avec cette décision, NDLR) moins de monde sur les routes, moins de monde dans les stations", défend Pascale Fontenel-Personne. "Je pense qu'il y a moyen d'être un peu plus agile pour sauver la saison économique, tout en ayant un sanitaire sécurisé."

Quant à la fermeture annoncée des remontées mécaniques à Noël, la députée regrette une "décision prématurée". "J'aurais préféré qu'on réponde aux stations le 15 décembre. (...) Vous allez pouvoir être 300 au pied des pistes à faire de la luge, alors que vous pourriez être 10 sur une piste de ski", croit-elle savoir.

L'élue n'est pas la seule à plaider pour un réexamen de la situation. Une tribune parue dimanche dans le JDD, signée notamment par le président de la région Auvergne Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR) et les présidents des départements de Savoie Hervé Gaymard (LR), d'Isère, Jean-Pierre Barbier (LR) et de Haute-Savoie, Christian Monteil (DVD), appellent à ne pas "tuer" la montagne française, demandant à Emmanuel Macron de "revenir" sur sa décision.

Pour l'heure, cela semble écarté: ce mardi après-midi, lors d'une conférence de presse depuis l'Élysée, Emmanuel Macron a indiqué envisager de prendre "des mesures restrictives et dissuasives" pour empêcher les Français d'aller skier à l'étranger à Noël, notamment en Suisse. "S'il y a des pays qui maintiennent des stations ouvertes, il y aura des contrôles pour dissuader les Français" et pour "ne pas créer une situation de déséquilibre avec des stations en France", a indiqué le chef de l'État.

Article original publié sur BFMTV.com

Ce contenu peut également vous intéresser :