Star Academy et NRJ Music Awards: où sont passées les stars internationales?

Extrait du clip de
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Beyoncé ne chantera ni aux NRJ Music Awards (NMA) vendredi, ni à la Star Academy samedi: comme elle, les mégastars internationales ont déserté les émissions françaises de divertissement, confrontées aux bouleversements de l'industrie musicale et la concurrence des réseaux sociaux.

Celle que l'on surnomme "Queen B" est pourtant en lice pour un prix lors de la cérémonie organisée depuis 2000 à Cannes par TF1 et NRJ. Elle y avait participé dans le passé, comme Whitney Houston, Will Smith ou Mariah Carey. Concernant la Star Ac', de nombreux téléspectateurs s'émeuvent de ne plus voir de personnalités de ce calibre depuis la relance cet automne du télécrochet qui l'avait accueillie à trois reprises, notamment pour la dernière édition en 2008.

L'ère post-réseaux sociaux

C'est que, depuis, "le monde a changé", résume pour l'AFP Jacques Grimal, coordinateur général des NMA, où se produiront vendredi soir les poids lourds de la scène francophone, d'Orelsan à Aya Nakamura en passant par Stromae, Juliette Armanet et Clara Luciani.

"Les artistes voyagent beaucoup moins", a abondé jeudi sur Franceinfo Fabrice Bailly, directeur des programmes de TF1, même si Ava Max ou Lizzo sont attendus vendredi sur la Croisette et Robbie Williams la semaine prochaine à la Star Academy, dont il est le parrain.

Avant, "pour que les chansons et les artistes se fassent connaître en France, il fallait absolument qu'ils viennent", relate la productrice de la 'Star Academy', Anne Marcassus, à l'AFP.

"Avec les réseaux sociaux, c'est fini, ils abreuvent les gens de contenus et se sont rendus compte avec le Covid qu'ils pouvaient continuer à communiquer avec leurs fans et travailler", ajoute-t-elle.

Nouvelles questions écologiques

Autre conséquence de la crise sanitaire, certains artistes "essaient de rester isolés au maximum dans des bulles" pour éviter l'annulation de concerts à plusieurs millions d'euros, comme "Harry Styles, que personne (d'autre que son équipe de tournée) n'a vu quand il est passé à Paris" cet été, selon Jacques Grimal.

La promotion prend aussi de nouvelles formes avec des concerts virtuels, comme celui d'Ariana Grande sur le jeu vidéo Fortnite, ou des documentaires musicaux sur Netflix et consorts. S'ajoutent à cela de simples questions de "timing", Usher étant par exemple en résidence à Las Vegas, souligne Anne Marcassus, qui a toutefois pu faire venir le Britannique Lewis Capaldi.

Mais le problème est plus ancien... et surtout financier. Aucune des maisons de disque (Universal, Sony, Warner) sollicitées n'a répondu à l'AFP. Une source du milieu met simplement en avant l'absence d'actualité justifiant des passages télé. Mais les majors n'ont surtout plus intérêt, écologiquement et financièrement, à dépenser "100.000 à 150.000 euros dans un voyage en jet" pour des émissions aux audiences déclinantes, tandis que les ventes physiques de CD s'effondrent au profit du streaming, d'après Jacques Grimal.

Côté chaînes, une ambition différente

D'autant plus que les superstars peuvent se déplacer avec une armada de "cinquante personnes", incluant "l'assistant de l'assistant, les animaux de compagnie, les bébés, le coach sportif".

"J'ai le souvenir de Lady Gaga et ses cinq loges dont deux juste pour ses fringues", abonde Emmanuel Virot, directeur artistique de nombreuses émissions musicales, dont 'Taratata'.

Côté chaînes, "il y a moins d'argent", et moins de programmes recevant des artistes, analyse l'universitaire Virginie Spies, spécialiste du petit écran. Avec la multiplication des antennes et des plateformes, "il n'y a plus cette promesse" de toucher les masses, résume-t-elle.

Considérée comme un succès, la Star Ac' 2022, où se sont pressées moult célébrités françaises (Véronique Sanson, Slimane, Patrick Fiori, etc.) rassemble ainsi chaque samedi entre 3 et 4 millions de téléspectateurs. Il y a vingt ans, elle pouvait dépasser 10 millions en finale. L'an dernier, les NMA ont rassemblé 4 millions de téléspectateurs, contre un pic à 7,8 en 2003.

Article original publié sur BFMTV.com