Stade de France: pour la syndicaliste policière Linda Kebbab, "les responsabilités sont partagées"

Linda Kebbab le 30 mai 2022 sur le plateau de BFMTV-RMC.  - Capture d'écran BFMTV-RMC
Linda Kebbab le 30 mai 2022 sur le plateau de BFMTV-RMC. - Capture d'écran BFMTV-RMC

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Coup d'envoi repoussé de 35 minutes, supporters aspergés de gaz lacrymogène, franchissement des grilles, agressions... Les images qui ont été massivement relayées ce week-end en marge de la rencontre entre le Real Madrid et Liverpool au Stade de France ont instillé un doute sur la capacité de la France à bien organiser de grands événements sportifs sur son territoire.

Invitée de BFMTV-RMC ce lundi, la policière et déléguée nationale Unité SGP-FO Linda Kebbab a évoqué des "responsabilités partagées".

"Il y a de prime abord celle de l'organisateur, qui n'a pas dimensionné son service à la hauteur de l'événement, des personnes qui n'étaient pas munis de billets, qui avaient de faux billets, et tous ceux qui ont profité de l'occasion pour effectuer une razzia", a-t-elle estimé.

L'UEFA pointée du doigt

Pour Linda Kebbab, qui s'appuie sur des "remontées de terrain", les événements de samedi soir sont d'abord du fait de l'UEFA, l'organisateur de la rencontre. Ce qu'elle estime comme un manque d'anticipation n'aurait pas permis d'appréhender le flux massif de supporters aux abords du stade, et notamment les 30.000 à 40.000 supporters sans billets valables, chiffre avancé par le ministère de l'Intérieur.

"Cette foule qui n'était pas prévue n'a pas pu être résorbée par le sous-dimensionnement prévu par les organisateurs", a-t-elle estimé. Avant d'ajouter que peu de débordements avaient été observés dans les deux fans zones mises en place pour accueillir les supporters en dehors de l'enceinte du Stade de France, "dans l'espace public" et donc encadrées entièrement par la préfecture de police.

Mais sur les réseaux sociaux et dans les témoignages partagées par les supporters de Liverpool, c'est l'usage jugé disproportionné des gaz lacrymogènes sur les fans qui a choqué. Pour Linda Kebbab, le recours à cette technique était nécessaire pour éviter des "chutes de grilles, qui peuvent créer des drames". "Le gaz ne discrimine pas, c'est pour tout le monde", a-t-elle évacué.

"La préfecture de police ne sait pas s'adapter"

Enfin, la syndicaliste policière a évoqué les vols et violences commis contre les supporters par des délinquants, ayant profité du chaos ambiant pour sévir. Et c'est face à cette problématique, selon elle, que la préfecture de police a péché.

"Là où la préfecture de police a probablement failli, c'est dans le manque d'adaptabilité sur les effectifs. Là où on était en configuration maintien de l'ordre, il aurait fallu passer en anti-criminalité, en judiciarisation", pour être en capacité d'interpeller les délinquants dans la foule. Or, "on a un peu abandonné les supporteurs à leur sort. Les policiers ont fait comme ils pouvaient sur le terrain, mais c'est au-dessus que la responsabilité revient, les donneurs d'ordres".

"La préfecture de police ne sait pas s'adapter, n'est pas assez rapide, ne sait pas répondre aux requêtes des effectifs", a ainsi jugé Linda Kebbab. "Il faut ainsi interroger la préfecture de police sur le sujet."

Autant d'éléments qui poussent la syndicaliste policière à mettre en garde. "Notre inquiétude est de savoir, comment est-ce que l'on peut assurer aux spectateurs que leur intégrité physique puisse être préservée pour les prochains événements". Et ceci alors que doivent prochainement se dérouler dans l'Hexagone la coupe du monde de rugby en 2023 ainsi que les Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

Une réunion est organisée à partir de 11h ce lundi en compagnie de la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et des représentants de la Fédération française de football et de l'UEFA, pour tirer au clair les tenants et aboutissants des événements de samedi.

Article original publié sur BFMTV.com

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