Stade de France: la destruction des images de vidéosurveillance suscite un tollé

Après le fiasco du stade de France, les représentants de la Fédération française de football ont révélé que les images de vidéosurveillances avaient été supprimées
Après le fiasco du stade de France, les représentants de la Fédération française de football ont révélé que les images de vidéosurveillances avaient été supprimées

Après le fiasco du stade de France, les représentants de la Fédération française de football ont révélé que les images de vidéosurveillances avaient été supprimées "automatiquement" car non réclamées par les autorités ou la justice. Ce qui a provoqué un tollé. (Photo: Matthias Hangst / Getty Images & Captures d'écran Twitter)

FIASCO DU STADE DE FRANCE - Un moment de stupéfaction générale. Ce jeudi 9 juin, après l’audition du préfet de police Didier Lallement, ce sont les dirigeants de la Fédération française de football qui étaient entendus par les élus sur la finale de la Ligue des champions, le 28 mai dernier au Stade de France. Une audition au cours de laquelle des révélations déroutantes ont été faites.

En effet, au cours d’une énième prise de parole visant à expliquer les dysfonctionnements ayant entouré le match entre le Real Madrid et Liverpool, Erwan Le Prévost, directeur des relations institutionnelles de la FFF, a fait savoir que les images de vidéosurveillance du Stade de France avaient été détruites. Et cela alors que la gestion des supporters par l’organisation et les forces de l’ordre fait débat des deux côtés de la Manche.

C’est le sénateur socialiste Jean-Jacques Lozach qui a demandé si la Fédération était “propriétaire” des images captées par la vidéosurveillance à l’intérieur du stade et si celles-ci avaient été réclamées par les services du ministère de l’Intérieur ou d’autres autorités pour les besoins d’une enquête.

Et Erwan Le Prévost de répondre: “Les images sont disponibles pendant sept jours, et après ce délai, elles sont automatiquement détruites.” Il a ajouté que pour les conserver, “on aurait dû avoir une réquisition pour les fournir aux différentes populations”, c’est-à-dire qu’il aurait fallu que la justice les réclame dans le cadre d’une enquête par exemple. Avant de terminer: “Ce que je peux vous dire, c’est que pour avoir passé la journée au PC de sécurité, les images sont extrêmement violentes.”

“Il y a des preuves qui ont été détruites”

Des explications qui ont fait bondir le sénateur socialiste de Paris David Assouline, censé prendre la parole à son tour. “J’avais prévu des questions précises, mais d’un coup, je veux relever que ce qui vient d’être dit est très important, voire grave”, a-t-il déploré, regrettant que “des images que vous jugez très violentes existaient et qu’il n’y a pas eu de la part des autorités, et notamment de la préfecture de police, de réquisitions qui ont été faites”.

Ce qui fait dire à l’élu qu’il “y a des preuves qui ont été détruites au moins par incompétence, parce que je n’ai pas envie de penser que ça a été fait exprès. C’est très grave de la part de l’autorité publique.”

La préfecture de police de Paris a, elle, assuré sur Twitter: “Les images en possession de la préfecture de police sont évidemment toujours à la disposition de la justice, dans le cadre de réquisitions dressées dans une enquête pénale. Ne confondons pas images de la police et images d’un opérateur privé.”

Tollé sur les réseaux sociaux

Les sénateurs participant à l’audition de ce jeudi ne sont pas les seuls à avoir été estomaqués par cette information d’Erwan Le Prévost. Sur les réseaux sociaux, alors qu’étaient diffusés les échanges au Sénat, de nombreuses personnalités publiques ont exprimé leur stupéfaction et leur dépit. Parmi elles, le maire de Cannes et président de l’association des maires de France David Lisnard, le président du Rassemblement national Jordan Bardella ou l’ancienne ministre sarkozyste Nadine Morano ont notamment réagi.

Dans la même veine, le député LR des Alpes-Maritimes Éric Pauget, candidat à sa réélection dans la circonscription d’Antibes, s’est insurgé, tweetant que “tout est possible pour éviter la vérité”.

Des supporters britanniques furieux

Et que dire de la réaction du maire de Liverpool, Steve Rotheram, qui témoignait lui aussi devant le Sénat, après les représentants de la FFF... “C’est la première fois que j’entends que les images de vidéosurveillance autour du stade ont été détruites, c’est vraiment inquiétant”, a-t-il déclaré aux sénateurs. “Alors qu’il est important de savoir ce qu’il s’est passé, de réunir toutes les preuves, cela montre très clairement qu’il y a un problème. Je suis véritablement choqué.”

De leur côté, de nombreux observateurs britanniques, journalistes et suiveurs du club de Liverpool, saluaient au moins l’existence d’images tournées par les supporters présents sur place, sans lesquelles les autorités françaises auraient pu ”étouffer l’affaire”, jugent-ils.

Un vocabulaire tout sauf anodin dès lors que l’on parle d’un club qui a perdu près d’une centaine de supporters à Sheffield, dans le stade d’Hillsborough en 1987, dans un scandale sécuritaire dissimulé par les autorités britanniques et pour lequel les fans avaient été accusés.

À voir également sur le HuffPost: Ligue des champions: le préfet Lallement reconnaît un ”échec” qu’il assume (en partie)

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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