De Stéphanie de Monaco à "Hunger Games", cette construction de Ricardo Bofill star de la pop culture

Les espaces d'Abraxas à Noisy-le-Grand - Valentin Bontemps - AFP
Les espaces d'Abraxas à Noisy-le-Grand - Valentin Bontemps - AFP

L'architecte espagnol Ricardo Bofill, mort ce vendredi à 82 ans de complications liées au Covid-19, a signé des centaines de réalisations dans le monde avec pour obsession de mettre l'homme au centre de l'espace.

Parmi celles-ci figurent les espaces d'Abraxas. Ces grands ensembles d'habitat social situés à Noisy-le-Grand, en banlieue de Paris, ont été immortalisés par la pop culture, des clips de Stéphanie de Monaco (Ouragan) aux blockbusters hollywoodiens (Hunger Games).

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Avec cet ensemble construit entre 1978 et 1983, qui regroupe 600 logements répartis sur trois espaces (le Théâtre, le Palacio et l’Arc), Ricardo Bofill avait pour ambition de créer des utopies urbaines "dans un langage classique hautement monumental à une échelle jamais vue auparavant", écrit Douglas Murphy dans le livre Ricardo Bofill: Visions of Architecture.

Mais sur le terrain, dégradés et critiqués par certains habitants, les Espaces d'Abraxas ont bien failli être démolis. "Les démolir serait un manque de culture", avait estimé Ricardo Bofill dans un entretien au quotidien français Le Monde en 2014. Tout en reconnaissant n'avoir "pas réussi à changer la ville".

Enfermé entre autoroute et parking

Terry Gilliam y a vu le lieu idéal pour tourner son Brazil (1985). Ces constructions glaciales collaient parfaitement à l'ambiance de ce film à mi-chemin entre 1984 et Le Meilleur des mondes. Le Monde avait d'ailleurs souligné en 1986 la dimension dystopique du lieu:

https://www.youtube.com/embed/0gVnQ_KnKVg?rel=0"Ici, enfermé entre autoroute et parking par de hautes parois écrasantes de leur style néoclassique, chacun ne songe qu'à regagner son cinquième ou son dix-septième étage."

C'est exactement le destin de Sam Lowry (Jonathan Pryce), qui échappe à son morne quotidien de bureaucrate en se rêvant héros romantique.

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Deux ans avant Terry Gilliam, c'est Jean-Pierre Mocky qui pose ses caméras à Noisy pour A mort l'arbitre (1983). Dans ce drame avec Michel Serrault et Eddy Mitchell, un arbitre est poursuivi par une bande de supporters qui n'a pas apprécié de le voir siffler un penalty entraînant la défaite de leur équipe.

Vingt ans plus tard, Eric Lartigau se sert des Espaces Abraxas pour mettre en scène le QG du FBI où se retrouvent Bullit et Ripper dans Mais qui a tué Pamela Rose? avec Kad et Olivier. Jennifer Lawrence y tourne également en mai 2014 le quatrième volet de la saga Hunger Games. Les habitants participent à l'élaboration de cette séquence.

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Plusieurs artistes musicaux ont enfin profité de la cinégénie des lieux. En 1986, Stéphanie de Monaco y filme les premières séquences de son clip Ouragan. Plus récemment, plusieurs noms de la pop urbaine et du rap, comme Marwa Loud (Fallait pas), Vinci (Dites à Fianso) et Médine (Grand Paris), y sont allés réaliser leurs clips.

Article original publié sur BFMTV.com

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