Sri Lanka: le gouvernement envisage l'interdiction du port de la burqa

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Invoquant la sécurité nationale, le gouvernement sri-lankais envisage d'interdire le port de la burqa et de fermer plus d'un millier d'écoles coraniques. Une nouvelle loi anti-terroriste controversée prévoit également jusqu'à deux ans de prison pour toute personne soupçonnée d'actes de violence ou de conflits interreligieux, interethniques ou intercommunautaires.

Ces dispositions interviennent à quelques jours du deuxième anniversaire des attentats sanglants de Pâques 2019 contre des églises et des hôtels, attribués à des jihadistes et qui avaient fait plus de 250 morts.

C'est par la voix du ministre de la Sécurité publique que les mesures dites de « déradicalisation » ont été annoncées: interdiction de la burqa, signe d'extrémisme religieux et fermeture de 1000 écoles coraniques, qui ne sont pas répertoriées et qui ne respectent pas la politique de l'éducation nationale.

L'adoption du texte interdisant le port du voile intégral n'est en fait qu'une formalité puisque le gouvernement sri-lankais avait déjà interdit le port de la burqa il y a deux ans, juste après les attentats-suicides coordonnés contre trois églises et des hôtels de luxe, qui avaient fait 279 morts.

Deux ans de détention

Une autre mesure, également très critiquée par de nombreuses organisations de défense des droits humains, et présentée cette fois-ci par le président, c’est que Gotabaya Rajapaksa prévoit d'accorder de larges pouvoirs aux autorités pour détenir des suspects en prison jusqu'à 2 ans.

Rajapaksa aujourd'hui président avait joué un rôle-clé en tant que ministre de la Défense dans l'écrasement final de la guérilla séparatiste de la minorité tamoule. C'était en 2009 après dix ans de guerre civile. Plusieurs dizaines de milliers de musulmans y avaient trouvé la mort.