Sri Lanka: Bachelet demande une enquête de la CPI sur le conflit avec les séparatistes tamouls

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Sur le Sri Lanka, Michelle Bachelet passe à la vitesse supérieure : la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme demande que ce soit la CPI, la Cour pénale internationale, qui enquête directement sur le conflit séparatiste au Sri Lanka. Un conflit qui s’était terminé en 2009 par un gigantesque bain de sang. Michelle Bachelet accuse aujourd’hui Colombo de ne pas tenir ses promesses, prises il a cinq ans, de rendre la justice pour les milliers de civils tués.

En 2009, Colombo avait écrasé dans le sang la rébellion tamoule : 40 000 civils tués dans les derniers mois du conflit selon les défenseurs des droits de l’homme, également des hôpitaux bombardés, des rebelles exécutés alors qu'ils s’étaient rendus.

Pour Michelle Bachelet, l’échec du Sri Lanka à établir des responsabilités a « enraciné l’impunité » et « exacerbé la méfiance des victimes à l’égard du système ». Pourtant en 2015, Colombo s’était engagé à ce que justice soit faite, c’était l'un des arguments de campagne du futur président Sirisena, dont finalement le bilan aura été bien maigre.

En 2019, son successeur Rajapaksa avait, lui, carrément promis que les militaires ne seraient pas poursuivis. Pourtant la semaine dernière, il a mis en place une commission chargée d’enquêter sur les travaux des précédentes commissions, peut-être selon certaines ONG parce que ce rapport de Michelle Bachelet doit être examiné dans moins d’un mois à l’ONU.

Depuis cinq ans, l'ONU donnent régulièrement davantage de temps à Colombo pour enquêter, mais cette fois la Haut-Commissaire aux droits de l'homme ne semble plus y croire : elle demande que la Cour pénale internationale enquête directement et rappelle que les États membres de la CPI peuvent engager des poursuites pour des crimes internationaux devant leurs propres tribunaux.

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