Tous sports - Crise économique : le SOS des clubs pros

L'Equipe.fr
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Dans un courrier adressé mardi à Roxana Maracineaunu, ministre déléguée aux Sports, et Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, l'Union des clubs professionnels réclame de nouvelles mesures pour faire face à la crise économique. Parce que le sport pro se trouve dans une « situation de déficit budgétaire et de trésorerie exsangue », Unipros, le syndicat qui regroupe depuis 2014 les employeurs des sports pros (basket-ball, cyclisme, football, handball, rugby et volley), réclame des « mesures d'aide urgentes et spécifiques ». Elles sont détaillées dans un courrier de six pages signé par le président du syndicat Jean-Pierre Bourliataud et adressé, mardi, à la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu et au ministre de l'Economie Bruno Le Maire, avec copie aux conseillers sports de l'Élysée et de Matignon. L'organisation patronale dépeint sans surprise la situation critique dans laquelle se trouvent les clubs de sport pro, accentuée par la mise en place récente du couvre-feu dans neuf métropoles, et pointe plusieurs incertitudes. Elles concernent principalement le fonds de compensation pour la billetterie, sur lequel planche le gouvernement depuis plusieurs semaines, et l'exonération des cotisations sociales patronales qui ne concernent pas tous les clubs affectés par la crise du fait de certains critères (notamment la perte de chiffre d'affaires). Un fonds de compensation d'environ 100 M€ Attendu depuis plusieurs semaines par les acteurs pros, le fonds de compensation est destiné à dédommager les clubs et organisateurs d'événement en prenant en compte le manque à gagner dû à la réduction des jauges à 5 000 puis à 1 000 personnes. Une enveloppe d'environ 100 M€ est actée, indique-t-on au sommet de l'État, dont près de 35 M€ pour le foot, autant pour le rugby et le reste pour une trentaine de fédérations et les organisateurs d'événements comme Roland-Garros ou le Grand Prix de F1. Elle pourrait être distribuée avant la fin de l'année en fonction de discussions techniques avec l'Union européenne qui impose des plafonds par club. De 800 000 €, le montant de la compensation pourrait passer à 3 M€ si les discussions aboutissent. Sinon, le gouvernement étudiera d'autres moyens pour « aider les acteurs à couvrir leurs pertes », indique-t-on. Unipros réclame donc une « exonération de charges sociales pour l'ensemble des structures du sport professionnel » mais aussi une « refonte du dispositif du droit à l'image ». Le syndicat souhaite que le dispositif, qui remplace depuis 2017 le droit à l'image collectif (DIC) afin d'exploiter l'image des joueurs et des entraîneurs, soit davantage « opérationnel et incitatif » pour créer un « appel d'air ». Il demande enfin l'instauration d'un « mécanisme d'incitation fiscale au titre de l'investissement en sponsoring sportif ». L'idée est d'instituer un crédit d'impôt exceptionnel « dont le montant serait égal à 50 % des contrats de sponsoring et d'hospitalité ». Une idée défendue dans un amendement par les députés de la majorité François Cormier-Bouligeon et Cédric Roussel, qui sera examiné en deuxième partie du débat sur le Projet de loi de finances 2021. Les deux élus y sollicitent un crédit d'impôt de 30 % pour tout investissement de 100 000 € de sponsoring en une seule fois et de façon unique. lire aussi Le monde du sport regrette sa place réduite dans le plan de relance gouvernemental