Zwift, Bkool, Rouvy, MyWoosh, quelle appli choisir pour pédaler comme les coureurs du Tour de France

Si rester dans votre canapé à regarder les coureurs du Tour de France vous a donné des fourmis dans les jambes, vous avez sans doute eu un éclair dans les yeux devant les nombreuses coupures pubs des courses cyclistes, avec une méga star, Mathieu Van der Poel, maillot arc-en-ciel de champion du monde devant un décor flashy et coloré, le cheveu vif et impeccable. Et pour cause, le champion du monde pédale sans casque, sur un home trainer et fait la promotion de Zwift, le leader des applis de cyclisme en ligne. Partenaire du Tour de France féminin, Zwift doit néanmoins faire face à une concurrence de plus en plus sérieuse, où chacun a ses avantages… et ses inconvénients.

Pourquoi ça marche?

Si le vélo est une activité physique recommandée à tout âge, notamment car il n’y a pas de chocs, ni à-coups, il existe certains freins à la pratique en plein air en France: la météo, les dangers de la circulation, et bien sûr, tout le monde n’habite pas au pied des plus beaux cols de France. C’est même généralement plutôt l’inverse, et pour la plupart des gens, envisager de monter le Mont Ventoux est d’abord un challenge logistique et économique. Toutes les apps offrent d’ailleurs la même base de service: des programmes d’entraînement, de remises en forme ou d’amélioration de tel ou tel caractéristique (endurance, explosivité…), la différence se fait plutôt ailleurs, sur le gameplay, et le prix.

De quel matériel ai-je besoin pour utiliser ces applis?

Attention, si le cyclisme en ligne est en quelque sorte, du e-sport, c’est aussi du sport: il faut donc du matériel pour pédaler. Deux options: soit vous avez déjà un vélo de route et il faut juste acheter un home trainer connecté (ils sont disponibles à partir de 450 euros) auquel raccrocher son vélo (quelques rudiments de mécanique sont nécessaires). Soit vous achetez un home-trainer "tout en un", plus cher (Zwift vend son Zwift ride pour 1.299 euros). Important, pour avoir une expérience optimal, il faut bien sûr que le home trainer soit connecté (en bluetooth ou Ant+) pour que l’appli, puisse lui envoyer les informations et rendre la "balade" plus réaliste. En résumé, plus la pente est raide sur le parcours virtuel, plus il est difficile de pédaler dans la vraie vie, et si vous voulez gardez la même vitesse, il va falloir envoyer plus de puissance, plus de watts, et donc pédaler plus fort, ou plus vite. Et comme dans la vraie vie, vous pourrez ensuite envoyer vos parcours sur n’importe quelle app de type Strava pour montrer à vos amis que si, vous vous êtes vraiment remis au sport. On vous conseille aussi un ventilateur et un tapis de sol, et ensuite, c’est parti pour la sueur et la souffrance.

Zwift, le leader fun

Pubs, sponsoring, difficile de passer à côté de Zwift, l’appli californienne qui domine largement le marché a fait le choix du fun: 6 mondes librement inspirés d’endroits qui existent vraiment mais assez peu réalistes (ne soyez pas surpris quand vous pédalerez à côté de dinosaures), et dans lequel vous pourrez aussi vous balader au gré de vos envie et vous retrouver à une intersection ou vous pourrez choisir de vous balader sur du gravel entre des temples maya en ruine ou bien tourner à gauche et grimper le terrible Alpe de Zwift, copie de l’Alpe d’Huez et ses 21 virages. Outre ce côté fun, l’avantage principal de Zwift, c’est sa communauté. Il est facile de parler aux coureurs à coté de vous, de nombreuses sorties de groupe par niveau sont organisées, tout comme des dizaines de courses par jour, où un peu comme dans Mario Kart, il faudra savoir utiliser des bonus au bon moment. L’inconvénient, c’est qu’à force d’enchaîner les courses, vous aurez relativement vite fait le tour de tous les parcours, même si Zwift en rajoute de temps en temps.

Le prix: abonnement annuel à 199 euros, et mensuel à 19.90 euros.

Rouvy, le choix du réalisme

Oubliez les couleurs flashy, les courses en haut des gratte-ciel et les dinosaures, ici on est dans le vrai, le réel. Rouvy, l’appli fondée par deux frères, Petr et Jiri Samek à Vimperk, en République tchèque, en 2017, a un mot d’ordre: le réalisme. "Notre atout, c’est que nous fournissons de vraies routes", explique Petr Samek, le PDG. "Nous combinons de la réalité augmentée avec des vraies vidéos pour créer une expérience cycliste immersive." En clair, vous voulez monter le mythique Stelvio? Le mur de Grammont? Vous choisissez le parcours qui correspond et vous, enfin plutôt votre avatar, vous retrouvez dans une vraie vidéo, à pédaler sur les vraies routes empruntées par les coureurs. Idéal pour un dépaysement express (il existe des parcours en Australie, Afrique du Sud, Malaisie ou le long du Grand Canyon…). Certes vous croiserez moins de monde sur le chemin.

Le prix: 14.99 euros par mois pour un abonnement, 19.99 euros pour deux abonnements (l’abonnement annuel revient à 12.41 euros pour un abonnement et 16.58 euros pour deux abonnements).

Bkool, l’appli qui veut tout faire

Partenaire du Tour d’Italie, l’appli espagnole BKool se présente comme l’appli de cyclisme indoor la plus complète. Une spécificité par rapport aux concurrents: vous pourrez rouler sur un vélodrome (mais malheureusement sans l’inclinaison vertigineuse). Mais en essayant de tout faire, BKool fait tout un peu moins bien. On n'a pas la même liberté que sur Zwift, mais pas du tout le même réalisme que sur Rouvy.

Le prix: 11 euros par mois, 110 par an

MyWoosh, l’avantage du prix

Si vous regardez le Tour de France, le nom ne vous est sans doute pas inconnu. Il est écrit en gros sur le bas du dos de Tadej Pogacar et des coureurs de l’équipe UAE -Emirates: comme l’équipe du double vainqueur du Tour, l’appli vient des Emirats arabes unis. Le design et le gameplay ressemblent beaucoup à Zwift: c’est fun, les parcours sont libres, mais les mondes divers et plus exotiques (un monde colombien, un monde autour d’une île d’Abou Dhabi….) sont beaucoup moins développés. Mais l’atout essentiel de MyWoosh dans cet univers aussi concurrentiel que pas donné: l’appli est gratuite, quand toutes les autres sont payantes, et ont tendance, comme Zwift, à augmenter leur prix.

Le prix: 0 euro

Article original publié sur RMC Sport