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Transat Jacques-Vabre: Goodchild et Ruyant, l'union fait la force au large

Le skipper britannique Sam Goodchild à bord de son Imoca 60 pieds "For the Planet", photographié le 27 octobre 2023 au port du Havre, avant le départ de la Transat Jacques Vabre. (LOIC VENANCE)
Le skipper britannique Sam Goodchild à bord de son Imoca 60 pieds "For the Planet", photographié le 27 octobre 2023 au port du Havre, avant le départ de la Transat Jacques Vabre. (LOIC VENANCE)

Les marins Thomas Ruyant et Sam Goodchild naviguent sur deux voiliers différents lors de la Transat Jacques-Vabre, mais appartiennent à la même écurie de course à Lorient. Une situation inédite qui doit leur donner "un coup d'avance" sur la concurrence.

"C'était la chance d'une vie, je ne pouvais pas passer à côté", a expliqué à l’AFP Sam Goodchild, quelques semaines avant de prendre le départ de la 16e édition de la Transat Jacques-Vabre, avec son co-skipper Antoine Koch.

Revenu en début d'année de l'éprouvante Ocean Race, course autour du monde en équipage avec escale, le marin britannique âgé de 33 ans a été approché par Thomas Ruyant, vainqueur de la dernière Route du Rhum, pour intégrer l'écurie TR Racing.

"Je cherchais un bateau pour faire le prochain Vendée Globe et Thomas voulait un skipper pour son ancien bateau. La barre a été placée assez haute avec cet Imoca donc il y a pas mal de pression, mais je suis du genre à aimer les défis", sourit Goodchild.

- Formule 1 -

Après l'hiver dernier, l'ancien LinkedOut, avec lequel Thomas Ruyant a remporté une Route du Rhum et une Transat Jacques Vabre, est sorti de chantier, rebaptisé For The Planet. Le Nordiste, lui, a mis à l'eau en mars sa nouvelle machine océanique, appelée For People.

"Ce que l'on cherche, c'est monter une équipe performante, à deux bateaux. On s'entraîne ensemble, on fait les briefs et les débriefs ensemble. On partage tout et cela doit nous permettre d'avoir un coup d’avance sur le reste de la flotte", détaille Thomas Ruyant, 42 ans.

Arrivé tard dans la course au Vendée Globe, Goodchild a profité de ce fonctionnement comparable à celui d'une écurie de Formule 1 pour démarrer une campagne pied au plancher.

Troisième du Défi Azimut en septembre, il pointait à mi-course dans le trio de tête de la Jacques-Vabre 2023.

"Cela a été un gain de temps énorme pour moi. Les équipes techniques de TR Racing à Lorient connaissent le bateau par coeur, Thomas m'a accompagné sur une course cet été pour m'expliquer comment il l'utilisait. Tout était déjà en place pour jouer les avant-postes", a estimé Sam Goodchild.

- "Adversaire" -

De là à bousculer la hiérarchie en Imoca, dominée depuis deux ans par son patron ? "Sur une course, Sam fait effectivement partie des concurrents les plus sérieux", a avancé Ruyant, qui émargeait jeudi en tête de la flotte Imoca, à quelques dizaines de milles du For The Planet.

"Car une fois le départ donné, c’est un adversaire comme un autre ! Il a sa propre équipe technique, fait ses propres choix avec son sens marin. Il n’est pas là pour me laisser passer", a affirmé le barreur du For People.

"Mais hors course, pouvoir s'entrainer à deux bateaux performants, de façon très ouverte dans l'échange, c'est très précieux. Et si on arrive à tous les deux monter sur le podium ce serait énorme", s'est-il enthousiasmé.

Taillé pour le Vendée Globe 2024, le For People s’est déjà illustré en remportant la Bermuda 1000 Race en mai dernier, "une première étape positive", selon Ruyant, assurant que son nouveau bébé est "bien né et déjà capable d'affronter des grosses conditions".

Cette expérience, inédite dans l'univers de la course au large, doit leur permettre d'aborder le prochain Everest des Mers, au départ des Sables d'Olonne le 10 novembre 2024, dans les conditions idéales.

"Qui gagnera ? Je n'en ai aucune idée, mais on aura mis toutes les chances de notre côté en tout cas", a résumé Sam Goodchild.

fd/smr