Tour d'Italie: Pogacar assomme définitivement le Giro

Le Slovène Tadej Pogacar, maillot rose du Giro, remporte en solitaire la 15e étape, le 19 mai 2024 à Mottolino (Luca Bettini)
Le Slovène Tadej Pogacar, maillot rose du Giro, remporte en solitaire la 15e étape, le 19 mai 2024 à Mottolino (Luca Bettini)

Il y a lui et les autres: Tadej Pogacar a définitivement assommé le Tour d'Italie en remportant l'étape-reine loin devant tous les autres dimanche dans les champs de neige de Livigno.

Sauf accident, improbable défaillance ou invasion extra-terrestre, rien ne pourra désormais empêcher le Slovène de réussir le premier volet de son formidable défi: devenir le premier coureur depuis Marco Pantani en 1998 à réaliser le doublé Giro-Tour de France la même année.

Certes, il reste encore une semaine de course et quatre étapes de montagne d'ici l'arrivée finale dimanche prochain à Rome.

Mais la domination de "Pogi", vainqueur déjà de quatre étapes dans ce Giro, est si grande et les écarts au classement général tellement abyssaux que tout paraît déjà plié.

"Ne me portez pas malheur ! Oui je suis super content de comment ça se passe, de l'équipe, de tout. L'écart est important mais on ne sait jamais ce qui peut se passer. Il reste six étapes. Je touche du bois", a-t-il insisté, en se tapotant le crâne devant la presse, avec un grand sourire.

Reste que, doté déjà d'une avance de 3 minutes 40 dimanche matin, Pogacar a pratiquement doublé son matelas en s'imposant en solitaire avec 29 secondes sur Nairo Quintana, dernier rescapé de l'échappée, et surtout 2:50 sur Geraint Thomas et Daniel Martinez, ses poursuivants immédiats au général.

"Il évolue sur une autre planète que nous, c'est juste un autre niveau", a résumé Geraint Thomas, vainqueur du Tour de France en 2018 et "déjà content" d'être toujours le "best of the rest".

"Il y a eu deux courses dans la course", a abondé Romain Bardet qui s'est "rassuré" en prenant une belle quatrième place de l'étape à 2:47 du maillot rose.

La première course a été celle de Pogacar qui, après un dernier relais de son fidèle lieutenant Rafal Majka, a lancé son attaque dans le Passo di Foscagno, à 14 km de l'arrivée.

- Pacman rose -

Comme un Pacman rose, il a avalé un par un les rescapés de l'imposante "fuga" matinale, les dépassant sans un regard. "Je n'ai pas regardé derrière moi, voir ce que faisaient les autres, juste devant", a-t-il décrit.

Le dernier aura été Nairo Quintana, qui l'énervait jeune parce qu'il attaquait "toujours trop tard" et qu'il a repris à deux kilomètres du but.

"C'est une des plus belles journées de ma carrière. On avait cette étape en tête depuis le mois de décembre", a jubilé Pogacar qui sabrait déjà le champagne sur le podium dans la station de ski lombarde, alors que des coureurs en étaient encore à franchir la ligne.

La deuxième course a concerné les autres coureurs en lice pour le classement général, immédiatement résignés dans cette étape au profil terrifiant, longue de 222 km avec 5.400 mètres de dénivelé positif.

Seul Daniel Martinez a tenté, après une petite hésitation, de suivre la fusée slovène. Mais après quelques mètres, il est rentré dans les rangs comme les autres.

Geraint Thomas n'a même pas essayé. "J'aurais explosé direct", a dit le Gallois.

A la veille de la journée de repos, le Giro a ainsi perdu tout suspense pour la victoire finale. Mais la lutte pour le podium et les places d'honneur promet d'être intense.

Geraint Thomas et Daniel Martinez sont bien arrimés au podium pour l'instant.

L'Australien Ben O'Connor suit environ une minute derrière et l'Italien Antonio Tiberi pointe déjà à deux minutes et demie de la troisième place.

Quant à Pogacar, interrogé si un rival de la trempe d'un Jonas Vingegaard lui manquait sur ce Giro, il a répondu: "ce défi va arriver, en juillet. Jonas, Primoz (Roglic), Remco (Evenepoel), j'ai hâte de les retrouver. Mais survivons déjà cette semaine et après on va se concentrer" sur le Tour de France.

jk/bvo