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« The Zone of Interest » de Jonathan Glazer : le premier choc de Cannes

Le synopsis

Le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig s’efforcent de construire une vie de rêve pour leur famille dans une maison avec jardin à côté du camp.

La critique (4/5)

Trois premières minutes d’un écran noir, musique à l’appui, comme un sas de compression vers l’horreur et sa banalisation complète. Lancinant, chirurgical, filmé à distance sans aucun intérêt pour les personnages qu’il filme, Jonathan Glazer (“Under the skin”) adapte le livre éponyme de Martin Amis, sur le quotidien banal et minable de la famille d’un dignitaire nazi qui dirige le camp de concentration situé derrière l’épais mur de son. petit pavillon impersonnel. Les enfants jouent, la mère s’inquiète de ses fleurs et de son potager quand elle ne maltraite pas son personnel de maison issu du camp voisin. Glazer inverse ici la narration de l’histoire, centrant son dispositif de caméras mouvantes sur cette famille alors que gronde en fond sonore le ronronnement insupportable des fours crématoires, les rafales de fusil ou les cris d’horreur.

Dérangeant, à la limite parfois du questionnable (mais c’est sûrement là le cœur de son propos), “The zone of interest” évoque l’horreur de la lente acceptation de l’abject, la fait ressentir au spectateur dans sa propre chair, ce dernier devenant un témoin démuni d’une conscience humaine qui tourne à la barbarie. Implacable dans sa forme, véritable leçon de cinema sensoriel, alors qu’avance l’inexorable horreur, le film ne se relâche jamais. j...


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