La Terre relâche des gaz, et ils viennent de son noyau, nous apprend cette étude américaine

De l’hélium semblant provenir du centre de la terre a été observé par des chercheurs. (Image d’illustration)
IStock/LeHuffpost De l’hélium semblant provenir du centre de la terre a été observé par des chercheurs. (Image d’illustration)

TERRE - Oui, la Terre aussi laisse parfois s’échapper des gaz. Ce n’est pas un phénomène nouveau. Mais ici, les traces d’hélium et de néon (un autre gaz dit noble) semblent provenir du plus profond des entrailles de la terre. Voilà ce qu’a découvert un groupe de géochimistes de la Woods Hole Oceanographic Institution et du California Institute of Technology dans une étude publiée le 18 octobre dans la revue Nature.

Ces derniers se sont appuyés sur les données d’une précédente étude ayant eu lieu sur l’île de Baffin, la plus grande du Canada. Ils ont analysé les olivines, un type de minerai de la famille des silicates, ce qui leur a permis de découvrir qu’ils emprisonnaient un gaz, l’hélium, à des niveaux 50 fois supérieurs à la normale.

Des gaz issus de la jeunesse de la Terre

Les géochimistes ont alors cherché à déterminer la raison et l’origine de cette abondance de gaz. Car l’hélium, ce n’est pas le genre d’élément que l’on croise souvent sur Terre. Particulièrement léger, il n’y a pas grand-chose qui l’empêche de s’échapper de l’atmosphère pour aller dériver dans l’espace. Ce qui en fait un matériau rare à la surface de la planète.

Une chose est sûre, il en existe sous nos pieds, au cœur de notre planète. Durant sa formation (il y a des milliards d’années), la Terre a « avalé » de l’hélium. Et après environ 4,6 milliards d’années d’activité, la majeure partie de cet hélium a été évacuée, notamment grâce à l’activité volcanique.

Mais pas tout. Actuellement, la quantité exacte de gaz qui reste encore piégée est l’une des grandes inconnues de la géologie. Il s’agit donc là d’une découverte intéressante, encore faut-il s’assurer qu’il s’agit bien de gaz provenant des entrailles de la planète. Pour le confirmer, les chercheurs ont vérifié qu’il ne s’agissait pas d’une contamination par l’atmosphère.

Ce n’est pas le cas puisque l’isotope (la masse atomique, ndlr) diffère. L’hélium retrouvé dans les laves et l’olivine de l’île Baffin au Canada contiennent de l’hélium 3 (3HE), plus léger que l’hélium 4 (4HE) que l’on observe généralement. Les chercheurs ont également réalisé des mesures sur un autre gaz noble retrouvé au même endroit, le néon. Bingo, les données sont similaires. Cet autre gaz semble lui aussi provenir des tréfonds de la Terre.

Aux origines de notre planète

Retracer le parcours de vie de ces gaz est compliqué, mais possible. Pour ce faire, les chercheurs réalisent des simulations en prenant en compte la pression et composition des entrailles de notre planète. Ils établissent ainsi un aperçu de ce que pourrait être le chemin de ces gaz. Concrètement, ces derniers ont d’abord été piégés dans le noyau terrestre et au fur et à mesure de la croissance de notre planète, ils ont tenté de s’échapper et regagner la surface.

Ces gaz peuvent alors donner des informations précieuses sur le noyau de la Terre. Ce dernier est caché derrière des milliers de kilomètres de roches denses et chaudes, et est totalement inaccessible pour les scientifiques. Le seul moyen de l’étudier consiste à examiner les indices qui nous parviennent à la surface, comme ces fuites de gaz. Datant des origines de la Terre, elles peuvent donner de précieuses informations sur les origines de notre belle planète bleue.

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