Roland-Garros: ce qui se cache derrière le mystérieux patch de Djokovic

"Je veux être l'Iron Man du tennis": de nouveau interrogé vendredi après sa victoire au 3ème tour de Roland-Garros, Novak Djokovic est resté très évasif sur ce patch collé à son torse. RMC Sport a donc contacté Fabio Fontana, le créateur de ce dispositif utilisé par le tennisman serbe, vendu entre 280 et 3000€ selon le modèle. Fabio Fontana se définit lui-même comme "technicien spécialiste en champs électromagnétiques".

L'Italien dit avoir travaillé pendant une décennie sur les "réactions du système nerveux à la pollution électromagnétique" et avoir utilisé ses compétences à la suite d'un accident où il ne trouvait pas de remèdes à ses douleurs. "Le laser est utilisé en physiothérapie, c'est un traitement soutenu par la science, mais c'est un traitement qui nécessite un médecin ou un physiothérapeute et dont l'effet est temporaire. J'ai donc voulu créer un traitement laser permanent, 24h sur 24h, 7 jours sur 7."

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Voilà donc pour la genèse de ce Taopatch, que porte désormais Novak Djokovic. "Un dispositif basé sur la nanotechnologie, conçu pour traiter les maladies musculaires, les douleurs et les problèmes posturaux. Il est fabriqué avec des nanocristaux et permet une thérapie au laser à faible intensité", explique son créateur. Il ne s'agit pas d'une puce, ou d'un appareil connecté mais de "nanocristaux appelés boîtes quantiques, qui reçoivent la chaleur du corps et la lumière extérieure pour la convertir en ondes spécifiques de la lumière, principalement en infrarouge mais aussi en UV, invisibles à l'œil nu."

Un dispositif utilisé par d'autres sportifs italiens

Lorsqu'on lui suggère que son patch pourrait s'apparenter aux médecines alternatives, dont Djokovic est un adepte de longue date, Fabio Fontana rétorque que "c'est un dispositif scientifique, mon entreprise est pharmaceutique." Sur son site internet, Taopatch explique être "un dispositif médical reconnu par le ministère de la Santé italien. Testé en double aveugle auprès de l'Université Sapienza de Rome et l'Université de Sassari, il fait l'objet de diverses publications dans des revues scientifiques telles que "The Journal of Sports Medicine and Physical Fitness" ainsi que PUBMED, base de données internationale dans la recherche médicale."

Puisque Novak Djokovic en fait l'usage, quels peuvent donc être les effets bénéfiques pour les sportifs de haut niveau ? "Les cellules de notre corps qui reçoivent de la lumière infrarouge produisent plus d’adénosine triphosphate (la principale source d'énergie du corps pour la plupart des fonctions cellulaires), avance l'Italien. L’autre avantage est d’améliorer la capacité de communication entre le cerveau et tous les récepteurs du corps : les muscles, les yeux, le système vestibulaire, tout ce qui est lié au mouvement. Mais l’utilisation la plus importante est dans le traitement de la douleur neuromusculaire, et dans la récupération sportive."

Ce dispositif pourrait-il être considéré comme du dopage ? Fabio Fontana avance un test effectué avec le Département de pharmacologie et de médecine toxicologique de l’Université de Milan : "Ils ont constaté qu’aucun rejet de produits chimiques ni d'aucune substance interdite dans les règlements de l'Agence mondiale anti-dopage." Il cite ainsi d'autres sportifs qui utiliseraient ce dispositif, certains ayant des contrats d'ambassadeurs de la marque comme Asja Zenere, membre de l’équipe nationale italienne de ski, ou le boxeur italien Luca Rigoldi dont les gants trônent sur l'armoire du dirigeant italien, comme un ballon dédicacé de l'équipe de football de Naples. "Il y a beaucoup d'équipes qui utilisent notre dispositif, principalement en Italie. Nous avons aussi beaucoup de cyclistes comme par exemple Andrea Pasqualon".

L'entreprise ne voulait pas aborder précisément le cas de de Novak Djokovic, mais son dirigeant se réjouit de la publicité mondiale dont a bénéficié son patch, une image et des déclarations à ce sujet ensuite du joueur en conférence de presse "totalement inattendues", mais l'Italien précise : "Ce n'est pas en mettant un Taopatch sur un match qu'on devient Iron Man", en référence à la sortie du numéro 3 mondial. Là ne réside donc pas "le secret de [sa] carrière" comme a pu le dire en souriant le champion serbe.

Article original publié sur RMC Sport