Réduire les parkings en centre-ville ne nuit pas aux commerçants, bien au contraire

Contrairement aux idées reçues, réduire la place de la voiture en centre-ville ne nuit pas aux commerçants. | John Matychuk via Unsplash
Contrairement aux idées reçues, réduire la place de la voiture en centre-ville ne nuit pas aux commerçants. | John Matychuk via Unsplash

En mars 2024, des associations de commerçants ont saisi le Conseil d'État pour s'insurger contre la future piétonnisation de la Presqu'île de Lyon. Les mesures de ce type se multiplient en France dans une volonté d'apaiser les centres-villes pour les rendre plus agréables et y réduire la pollution. Mais elles génèrent quasi systématiquement une levée de boucliers de la part des commerçants qui y sont implantés.

Déjà frappés par une concurrence croissante du commerce en ligne et des zones commerciales périphériques –qui se traduit par un taux de vacance commerciale (vitrines vides) qui a fortement augmenté dans les villes françaises–, ils voient toute mesure de réduction de la place de la voiture (piétonnisation, stationnement…) comme une menace supplémentaire à la bonne marche de leurs affaires.

Pour répondre aux difficultés du commerce de centre-ville, deux écoles se font face. La première, souvent prônée par les commerçants, consiste à faciliter la circulation et le stationnement automobile en espérant drainer des clients éloignés. La seconde, au contraire, propose de travailler sur l'ambiance urbaine, en reprenant de l'espace à la voiture au bénéfice des piétons, en misant sur le fait que ces derniers auront davantage tendance à venir s'y promener et y consommer.

Sur ce sujet sensible où opinions et ressentis dominent, rares sont les études qui se sont penchées sur la mobilité des clients qui fréquentent les commerces de centre-ville pour objectiver le débat. Quelques-unes existent toutefois, menées à Rouen, à Lille ou encore à Nancy.

Toutes mettent en évidence les mêmes constats: la plupart des clients vivent à proximité des commerces, viennent majoritairement à pied et en transport collectif et appellent de leurs vœux des espaces apaisés et une place restreinte de la voiture. De leur côté, les commerçants surestiment systématiquement l'usage de l'automobile par…

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