Un président « modéré » pour l’Iran : le plan machiavélique de l’ayatollah Khamenei

L'ayatollah Ali Khamenei votant le 5 juillet 2024 à Téhéran, en Iran.  - Credit:Rouzbeh Fouladi/ZUMA Press Wire//SIPA
L'ayatollah Ali Khamenei votant le 5 juillet 2024 à Téhéran, en Iran. - Credit:Rouzbeh Fouladi/ZUMA Press Wire//SIPA

La République islamique a encore réservé un scénario dont elle garde le secret, avec la victoire surprise du réformateur Massoud Pezeshkian à l'élection présidentielle iranienne. Peu de gens, en effet, auraient tablé sur la victoire de ce député modéré de Tabriz (nord-ouest), ancien ministre de la Santé lors du second mandat (2001-2005) du président réformateur Mohammad Khatami, relativement inconnu du grand public il y a à peine cinquante jours. Mais le décès inattendu le 20 mai dernier du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi dans un accident d'hélicoptère a rebattu les cartes politiques en Iran, et contraint les autorités islamiques à organiser à la hâte un scrutin pour élire le nouveau chef de l'exécutif.

À LIRE AUSSI Présidentielle en Iran : le redoutable piège tendu par l'ayatollah Khamenei La participation même du réformateur Massoud Pezeshkian à la présidentielle était inattendue, tant le guide suprême, l'ayatollah Khamenei, véritable chef de l'État en Iran, s'est employé au cours de la dernière décennie à éliminer de la scène politique iranienne les tenants de l'aide « modérée » de la République islamique.

Mais face à la crise de légitimité qui frappe le régime, qui a enregistré un taux de participation historiquement bas aux dernières élections législatives de mars dernier (40,6 %), un an et demi après la répression sanglante du mouvement « Femme, vie, liberté », le Conseil des gardiens de la Constitution, un organe de filtrage des scrutins so [...] Lire la suite