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Mondiaux de biathlon: les Françaises pour transformer en or une inédite domination

La biathlète française Julia Simon pendant la mass start (12.5km) en Coupe du monde de biathlon à Antholz-Anterselva, Italie, le 21 janvier 2024 (Marco BERTORELLO)
La biathlète française Julia Simon pendant la mass start (12.5km) en Coupe du monde de biathlon à Antholz-Anterselva, Italie, le 21 janvier 2024 (Marco BERTORELLO)

Après les succès en Coupe du monde, Justine Braisaz-Bouchet, Julia Simon et Lou Jeanmonnot espèrent transformer l'inédite domination française en médailles aux Championnats du monde de biathlon à partir de mercredi à Nove Mesto (République tchèque).

Quinze podiums individuels, huit victoires sur quatorze possibles, trois lauréates différentes, quatre athlètes montées sur la boîte: jamais le biathlon féminin français n'a connu début de saison aussi dense, et jamais il n'a abordé un grand championnat (Mondiaux ou Jeux olympiques) dans cette position.

Habituelle par le passé pour des nations comme la Norvège ou l'Allemagne, cette densité parmi les meilleures mondiales est une véritable nouveauté pour la France chez les femmes.

"L'idée, c'est d'assumer notre statut. Les filles font un début de saison exceptionnelle, avec une densité de filles capables de jouer les premiers rôles", apprécie l'entraîneur de l'équipe féminine, Cyril Burdet.

"Quand on se présente avec une telle équipe à des Championnats du monde, il y a de l'ambition. On va se présenter au départ de chaque course pour viser au minimum une médaille", ajoute Burdet.

La dernière fois que les espoirs féminins avaient été aussi élevées, c'était en 2016 et ils reposaient essentiellement sur Marie Dorin-Habert, qui avait répondu aux attentes, avec deux titres en solo (individuel et mass start), plus l'argent en sprint et le bronze en poursuite, ainsi que l'argent en relais et l'or en relais mixte.

Cette saison, les Françaises disposent de plusieurs balles dans leur chargeur pour réaliser au coeur des Monts de Bohème-Moravie, à un peu plus de 600 mètres d'altitude, une moisson historique et améliorer le cru 2016, le meilleur jusqu'ici (deux titres, cinq médailles individuelles et l'argent en relais).

Après le doublé de Lou Jeanmonnot à Östersund en Suède pour l'ouverture de la Coupe du monde, c'est Justine Braisaz-Bouchet qui a signé un rarissime quadruplé, à cheval sur deux étapes (Lenzerheide en Suisse en décembre et Oberhof en Allemagne en janvier), avant que Julia Simon ne monte en puissance (deux victoires aussi).

- Des hommes outsiders -

"C'est mon objectif. J'ai envie d'élever mon niveau ici, pour voir aussi pour les années à venir, si je suis capable de mettre plus d'intensité", a glissé Julia Simon mardi matin, en quête d'une "course parfaite. J'aimerais aller en chercher une, pour me prouver que je peux être présente le jour J".

"Je me sens bien, déterminée et vraiment impatiente de courir. J'aime bien être dans cette position d'aller chercher quelque chose. On a une équipe dense, c'est moteur", a estimé de son côté Justine Braisaz-Bouchet.

Toutes deux âgées de 27 ans et licenciées au club des Saisies, Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet sont les locomotives de cette équipe de France.

Elles sont parallèlement opposées sur le terrain judiciaire depuis le dépôt de deux plaintes contre Simon, dont une par Braisaz-Bouchet, pour fraude à la carte bancaire (Simon a de son côté porté plainte contre X pour usurpation d'identité).

Cette affaire a toutefois été reléguée au second plan, avec les résultats des Françaises, qui ont également remporté deux des quatre relais, dont le dernier à Ruhpolding mi-janvier.

Braisaz-Bouchet et Simon auront mercredi une première occasion de monter sur le podium avec le relais mixte (17h20), puisqu'elles ont été alignées aux côtés d'Éric Perrot et Quentin Fillon Maillet.

Chez les hommes, l'hiver 2022/23 s'était terminé sans victoire au compteur, une première depuis la saison 1996/97, aux débuts de Raphaël Poirée.

Ils abordent cette saison les Mondiaux sans aucun podium individuel, du jamais vu depuis plus de trois décennies. A trois reprises avec Émilien Jacquelin et Quentin Fillon Maillet, ils ont toutefois été à la lutte pour la victoire jusqu'au bout, mais ont échoué à monter sur la boîte.

Ils doivent faire face à la voracité des Norvégiens, qui n'ont laissé que onze places sur le podium (sur 42 possibles) aux autres nations, avec six biathlètes parmi les favoris pour l'or à Nove Mesto, et en chef de file Johannes Boe.

tba/fby/lve