Marché européen de l’électricité : les doutes de Mario Draghi

Mario Draghi lors de la cérémonie de remise de son prix Charles Quint en Espagne.  - Credit:GTres / GTres/ABACA
Mario Draghi lors de la cérémonie de remise de son prix Charles Quint en Espagne. - Credit:GTres / GTres/ABACA

La phrase prononcée par Mario Draghi le 14 juin, en Espagne, tandis qu'il recevait le prix Charles Quint, paraît anodine. En vérité, c'est une bombe ! Ouvrons les guillemets : « Les règles du marché [européen de l'électricité, NDLR] ne permettent pas de dissocier totalement le prix de l'énergie renouvelable et nucléaire des prix plus élevés et plus volatils des combustibles fossiles, ce qui empêche les industries et les ménages de répercuter sur leurs factures tous les avantages de l'énergie propre. De plus, la taxation des heures supplémentaires sur l'énergie est devenue une source importante de recettes budgétaires, ce qui contribue à l'augmentation des prix de détail. » Mario Draghi a raison sur ce dernier point : la taxation pèse un tiers du prix payé par les consommateurs.

Cette remise en cause des règles du marché est au cœur des préoccupations de l'ancien président du Conseil italien, dont le rapport sur la compétitivité européenne – 400 pages annoncées – sera publié fin juillet. Le prix de l'énergie est à la racine du décrochage européen par rapport aux États-Unis. Le prix de l'électricité est « deux à trois fois plus élevé » sur le Vieux Continent qu'outre-Atlantique. Mario Draghi en signale la cause : l'Europe n'a pas de ressources naturelles et elle est en retard dans l'installation des capacités d'énergie propre (éoliennes, solaires et autres). Idem s'agissant de l'interconnectivité des réseaux, insuffisamment développée.

Des besoins électriques [...] Lire la suite