« Même si l’Ukraine cédait des territoires, Poutine ne s’arrêterait pas là »

Immeubles résidentiels en partie détruits par des bombardements à Toretsk, près de la ligne de front dans la région de Donetsk, le 3 juillet 2024.    - Credit:Alina Smutko / REUTERS
Immeubles résidentiels en partie détruits par des bombardements à Toretsk, près de la ligne de front dans la région de Donetsk, le 3 juillet 2024. - Credit:Alina Smutko / REUTERS

Invité les 5 et 6 juillet au colloque « Conversations de Tocqueville » au château de Tocqueville en Normandie, l'ambassadeur ukrainien itinérant Oleksandr Scherba estime que l'Ukraine paie aujourd'hui le prix des six mois de tergiversations des États-Unis dans la livraison des armes.

Le Point : Les gouvernements populistes en Europe sont-ils une menace pour l'Ukraine ?

Oleksandr Scherba : Il faut être prudent avant de juger. Regardez ce qui se passe en Italie avec la Première ministre Giorgia Meloni. On craignait son arrivée au pouvoir et finalement elle se révèle une défenseuse passionnée de l'Ukraine. À l'échelle européenne, on constate que 70 % de l'opinion continuent de soutenir l'Ukraine. Or ces partis n'ont pas d'autre choix que d'écouter la voix des peuples. Chez vous, Marine Le Pen a condamné l'agression russe. Pourquoi se placerait-elle soudainement du côté des Russes ? C'est une question de morale, d'honnêteté. Ou alors les mots ne signifient plus rien.

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L'entourage de Trump laisse entendre que l'Ukraine devra céder des territoires à la Russie pour mettre fin à la guerre. Qu'en pensez-vous ?

Oublions un instant que, dans cette affaire, la Russie est l'agresseur. Si on parle de compromis, cela signifie quoi ? Que chaque camp cède quelque chose. Or dans cette perspective, quelle serait la concession de la Russie ? Il n'y en aurait aucune. Donc il ne s'agirait en aucun cas d'un [...] Lire la suite