Les leçons du premier débat de l'après-Macron

Jordan Bardella, Gabriel Attal et Manuel Bompard sur TF1, le 25 juin 2024.  - Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA
Jordan Bardella, Gabriel Attal et Manuel Bompard sur TF1, le 25 juin 2024. - Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA

Deux candidats et un faux-nez. Bien que déséquilibré, le débat organisé sur TF1 à cinq jours du premier tour des législatives anticipées – après la décision du chef de l'État de dissoudre l'Assemblée nationale – a tenu ses promesses. Celle d'être la première confrontation politique de l'après-Emmanuel Macron, tout d'abord. Le nom du président n'a à aucun moment été cité sur les près de deux heures d'émission. Une première depuis l'arrivée de ce dernier dans l'échiquier politique.

Celle, ensuite, de donner lieu à une nouvelle passe d'arme entre un Premier ministre sortant, Gabriel Attal, apparaissant plus émancipé que jamais de toute tutelle présidentielle, et un jeune premier ministrable, Jordan Bardella, qui n'aura jamais paru aussi proche de lui ravir sa place. Quitte à parfois tutoyer l'outrecuidance, en lui lançant : « J'ai hâte que vous fassiez vos cartons, vous n'êtes pas à la hauteur du poste que vous occupez… » Entre eux deux, le Nouveau Front populaire, la coalition des partis de gauche, avait choisi d'envoyer un non-candidat au poste de Premier ministre : Manuel Bompard. Homme lige de Jean-Luc Mélenchon de 38 ans et mécano de La France insoumise, dont la mission était de suppléer son mentor – interdit de s'y montrer parce que jugé répulsif par une partie de la gauche – sans pour autant laisser quiconque du PS ou d'EELV briguer à sa place l'Hôtel de Matignon…

Comme actant le passage à une nouvelle ère politique, Jordan Bardella aura tout au long de [...] Lire la suite