JO de Paris: les bateaux déviés sur un bras mineur de la Seine en raison du village des athlètes

Des barrières anti-intrusion sont installées depuis ce jeudi 4 juillet pour empêcher les bateaux d'accéder au bras principal de la Seine à Saint-Denis et protéger ainsi le village olympique des athlètes situé le long du fleuve et qui s'étend sur trois communes de Seine-Saint-Denis. Les obstacles seront enlevés le 10 septembre.

Pendant ces 2 mois, les embarcations vont utiliser le bras secondaire de Gennevilliers. Longtemps, cette voie a été occupée ou empruntée par des péniches, des bateaux d'habitation et des esquifs.

15 millions d'euros d'investissement

Un aménagement a été effectué pour permettre le passage des bateaux de fret sur le bras de Gennevilliers. Ce dernier assurera ainsi pendant les JO le transit de 2 millions de tonnes de marchandises, soit l'équivalent de 100.000 camions. Cette réouverture du bras à la navigation restera en héritage après les JO.

Afin de réaliser ce changement, la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques) a investi 15 millions d'euros et confié le chantier à Voies navigables de France (VNF), l'établissement public de la gestion des fleuves.

Cet investissement doit permettre d'augmenter la part du trafic fluvial dans les chantiers du Grand Paris, qu'il s'agisse de transport de matériaux ou d'évacuation de déblais et déchets.

Faire naviguer des bateaux de 125m

Le chantier a démarré en 2023 afin de pouvoir accueillir le trafic des bateaux de fret de 125m de long transportant jusqu'à 3.500 tonnes. "Il y a eu un long travail réglementaire et juridique pour pouvoir évacuer les bateaux épaves, puis nous avons réalisé des travaux de dragage pour garantir un mouillage suffisant", explique VNF à BFMTV.com.

Malgré ce chantier, le bras restait trop étroit pour permettre la navigation simultanée des bateaux dans les 2 sens. VNF a donc mis en place un alternat - sorte de feu de signalisation - avec des aires de stationnement en amont et en aval. Les bateaux devront patienter aux postes d'attente à Clichy pour les avalants et à Gennevilliers pour les remontants.

L'aléa des crues et les dérogations

Pour autant, l'autorisation de la navigation sur le bras de Gennevilliers dépend aussi du débit de la Seine. S'il dépasse 600 m3/s à l'échelle d'Austerlitz, elle est interdite pour les bateaux. La navigation des navires à passagers est même susceptible d’être interdite quand le débit dépasse 350 m³/s. Ce jeudi 4 juillet en début d'après-midi, Vigicrues mesurait à 513 m3/s le débit.

Au vu des conditions de débit, la direction territoriale des VNF a d'ores et déjà pris des dérogations pour autoriser quatre bateaux de croisière à emprunter le bras de Saint-Denis du 4 au 8 juillet.

Par ailleurs, les bateaux de plaisance, plus petits sont autorisés à emprunter ce bras de Saint-Denis pour transiter par le canal de Saint-Denis via l'écluse de la Briche.

Article original publié sur RMC Sport