JO-2024: "J'ai hâte de ressentir la pression", lance Maxime Grousset

Le nageur français Maxime Grosset après avoir gagné la médaille d'or lors du 100 mètres nage libre aux championnats d'Europe petit bassin à Otopeni (Roumanie) le 10 décembre 2023. (Daniel MIHAILESCU)
Le nageur français Maxime Grosset après avoir gagné la médaille d'or lors du 100 mètres nage libre aux championnats d'Europe petit bassin à Otopeni (Roumanie) le 10 décembre 2023. (Daniel MIHAILESCU)

Annoncé comme l'un des atouts majeurs des Bleus aux Jeux olympiques, le nageur Maxime Grousset, qui peaufine sa préparation ce week-end au meeting de Lyon, accueille avec plaisir le stress de la compétition: "J'ai hâte de ressentir la pression", dit-il à l'AFP.

Révélation française des Jeux olympiques de Tokyo en 2021 avec sa quatrième place de la finale du 100 m nage libre, le nageur de 25 ans n'a cessé de progresser depuis, jusqu'à devenir champion du monde l'an dernier à Fukuoka en remportant le 100 m papillon.

Aux côtés de Léon Marchand, nouvelle tête d'affiche de la natation tricolore, ou de l'expérimenté Florent Manaudou, il représente une sérieuse chance de médaille dans le bassin olympique qui sera installé à la Défense Aréna. "Je pense que ça va être magnifique", se réjouit-il.

QUESTION: A quelques semaines de l'événement, comment vous sentez-vous lorsque vous pensez aux Jeux?

REPONSE: "Ca ne me stresse pas du tout. J'ai hâte de voir ce que ça va être et de ressentir les choses, et je pense que ça va être magnifique. J'ai déjà visité le village des athlètes et la Défense Arena. C'est vraiment très bien. C'est surtout la Défense qui m'a plu. On a pu se projeter et s'imaginer un petit peu comment ça va être. Je trouve qu'on a de la chance de pouvoir être dans une arène comme ça. On va pouvoir ressentir vraiment les choses et le public français. Et je pense que c'est une force qu'on a pour cette année, les Français, il faut s'en servir."

Q: Quel souvenir avez-vous gardé des Jeux olympiques de Tokyo qui s'étaient déroulés sans public à cause du Covid?

R: "C'était très particulier. L'organisation était merveilleuse, les Japonais ont été très forts là-dessus. Par contre, ce qui manquait, c'était vraiment la folie des Jeux, l'engouement autour de ça, le public. Ca m'a beaucoup manqué. Ça ne m'a pas empêché de faire de bonnes performances, mais de ce que je m'imaginais des Jeux, il manquait vraiment quelque chose. Quand tu rentres et que tu entends ton pote t'encourager alors qu'on est en finale des Jeux Olympiques, ça fait bizarre. Pour Paris, j'ai vraiment hâte de ressentir la pression, d'avoir des frissons, d'être chaud comme quand on entre dans une arène! C'est pour ça que je me dis que ça va être sympa."

Q: La pression peut souvent tétaniser. Vous, elle semble plutôt vous donner des ailes. D'où vous vient cette décontraction par rapport à la pression?

R: "C'est vrai que j'ai de la chance là-dessus. Il faut faire avec ses qualités! Quand j'étais petit, j'étais très stressé mais ça a totalement disparu et je ne pourrais pas dire pourquoi. Quand je me retrouve sur le plot, mon cerveau est quasiment vide. Je ne pense plus à rien, mais je ressens les moindres parties de mon corps. J'entends ma respiration, je ressens la chaleur... et c'est tout. Je ne ressens pas le besoin d'avoir un préparateur mental. Après, depuis deux ans maintenant, je fais du yoga, donc ça me fait un peu office de préparation mentale."

Q: Depuis les Jeux de Tokyo, vous êtes devenu champion du monde. Avez-vous l'impression que votre statut a changé au sein de l'équipe de France ?

R: "Mon statut a changé, c'est sûr. Après, je pense que ma vision des choses n'a pas changé. Mais ça ne me dérange pas d'avoir un rôle de leader. Je pense qu'on est plusieurs, Léon Marchand a aussi ce rôle de leader sans l'être, car c'est Florent Manaudou notre capitaine. On essaye de tirer les autres vers le haut."

Q: Est-ce un rôle qui vous plaît?

R: "Je pense que je transmets le fait de jouer. Quand on nage, quand on fait des courses, c'est un jeu. On est contre sept autres personnes sur un plot au départ. Celui qui gagne, il a gagné le jeu. C'est ça qui fait que ça désacralise la course et la compétition en elle-même. Il faut prendre du recul là-dessus et kiffer le moment, plutôt que de se concentrer sur le résultat. Sinon il peut y avoir un étouffement, quelque chose de très compliqué à surmonter. Et se voir dans le jeu et dans le kiff, c'est beaucoup plus facile."

Propos recueillis par Diane FALCONER

dif/jld