« Les herbes sèches » de Nuri Bilge Ceylan : steppes ou encore

Le synopsis

Samet est un jeune enseignant dans un village reculé d’Anatolie. Alors qu’il attend depuis plusieurs années sa mutation à Istanbul, une série d’événements lui fait perdre tout espoir. Jusqu’au jour où il rencontre Nuray, jeune professeure comme lui…

La critique de Paris Match (3/5)

À chaque sélection en compétition le même jeu de mots sur son nom. Oui, Nuri Bilge Ceylan prend son temps pour développer ses personnages, nourrir ses études de caractère, raconter la complexité de l’être humain. Mais son geste est tellement affirmé, son trait si sûr, que l’on ne peut être qu’admiratif de la manière dont il nous embarque dans le quotidien morose et enneigé de Samet, antihéros formidablement antipathique de son nouveau long métrage.

Dresser le portrait sur trois heures d’un personnage aussi lâche, veule avec ses amis, qui entretient une relation chaste mais coupable avec une jeune collégienne, tient de la gageure. Pourtant, par la force de sa mise en scène, les ruptures de ton, sa manière de mêler l’intime à la politique avec ce magnifique personnage féminin de Nuray, il parvient à nous intéresser au sort de cet homme odieux. Mieux, quand ce dernier est pris du vertige existentiel de plus être aimé, Nuri Bilge Ceylan touche à son but : provoquer l’empathie.


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