Guerre en Ukraine: pourquoi les munitions à uranium appauvri promises par les États-Unis sont controversées

Ces armes controversées en raison des risques toxiques pour les militaires et les populations ont déjà été massivement utilisées lors des guerres du Golfe de 1990 et 2003 et lors des bombardements de l'Otan en ex-Yougoslavie en 1999.

Une annonce qui provoque l'ire de Moscou. En visite surprise à Kiev mercredi, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a annoncé que les États-Unis allaient fournir à l'Ukraine des munitions anti-chars contenant de l'uranium appauvri, dans le cadre d'une nouvelle aide annoncée mercredi totalisant un milliard de dollars et censée donner un "nouvel élan" à la contre-offensive ukrainienne.

C'est la première fois que les États-Unis entendent livrer à l'Ukraine de telles munitions à l'uranium appauvri, qui sont capables de percer les blindages, mais sont controversées en raison des risques toxiques pour les militaires et les populations.

Une utilisation pas interdite par le droit international

L'uranium est un métal extrêmement dense qui ne se déforme pas quand il entre en contact avec sa cible. Il est ainsi utilisé dans les obus perforants et les bombes pour les rendre plus pénétrants.

Ces munitions sont en dotation dans de nombreuses armées, notamment américaine et russe. Leur utilisation n'est pas interdite par le droit international et il a été massivement utilisé lors des guerres du Golfe de 1990 et 2003 et lors des bombardements de l'Otan en ex-Yougoslavie en 1999.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a indiqué pour sa part que des études menées en ex-Yougoslavie, au Koweït, en Irak et au Liban "ont montré que l'existence de résidus d'uranium appauvri dispersés dans l'environnement ne présentait pas de risque radiologique pour la population des régions touchées".

Ses opposants à l'utilisation de ces munitions affirment toutefois que l'ingestion ou l'inhalation de poussières d'uranium appauvri présente des risques dangereux pour la santé, notamment de cancers et de malformations congénitales.

Moscou menace

Ce n'est pas la première fois qu'un allié de Kiev promet l'envoi de telles armes à direction de l'Ukraine. En mars passé, un an après le début du conflit, la vice-ministre britannique de la Défense Annabel Goldie avait confirmé lundi que le Royaume-Uni allait fournir des obus de ce type.

À cela, le président russe Vladimir Poutine avait qualifié ce type d'obus parmi "les plus dangereuses" et qui "génère ce que l'on appelle des poussières de radiation". En filigrane, il avait également menacé l'Ukraine d'utiliser des armes du même type sur son territoire.

"La Russie, bien sûr, a de quoi répondre. Nous avons, sans exagérer, des centaines de milliers d'obus de ce type. Nous ne les utilisons pas pour le moment", avait-il déclaré.

Ce mercredi, après l'annonce américaine, Moscou a de nouveau fustigé l'envoi d'uranium appauvri en qualifiant cette future aide de "signe clair d'inhumanité".

"Les États-Unis transfèrent délibérément des armes avec des effets indéterminés", a encore critiqué l'ambassade russe. Selon elle, Washington "refuse d'accepter l'échec de la soi-disant contre-offensive des forces armées ukrainiennes" et est prêt à "faire une croix sur les générations futures".

Article original publié sur BFMTV.com

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