Géorgie : Les manifestations contre la « loi russe », symbole d’un pays au bord de la fracture politique

pile ou face - La population, majoritairement proeuropéenne, appelle à la démission d’un gouvernement tenté par l’autoritarisme, mais aucune alternative crédible n’émerge

Une fois de plus, la Géorgie est à la croisée des chemins. Le petit pays du Caucase, ancienne république soviétique, au carrefour entre l’Europe, la Russie et le Moyen-Orient, est au bord de la fracture. Mardi, juste après une nouvelle bagarre entre députés, l’Assemblée a voté une loi sur « l’influence étrangère », calquée sur le modèle russe, avant que les élus ne quittent les lieux en vitesse.

Depuis, les rues de Tbilissi sont devenues le théâtre d’un face-à-face géant entre le peuple et la police. D’ordinaire, la population géorgienne est pourtant « divisée entre les jeunes et ceux qui ont vécu sous l’Union soviétique, en plus d’une part très attachée à l’Eglise orthodoxe », décrit Anna Gvelesiani, Géorgienne devenue maîtresse de conférences à l’Université Paris-3. Mais cette fois-ci, « il y a une vraie unité car on voit qu’en Russie cette loi sert à encadrer, contrôler et opprimer les associations et activistes qui ont une ouverture sur l’Europe ».

L’ombre du « dirigeant fantôme »

L’Europe, c’est l’aspiration principale de près de 80 % de la population géorgienne, selon diverses études. « Fermer la porte vers l’Europe, c’est une vraie angoisse pour les jeunes qui voyagent librement » depuis 2018, appuie(...) Lire la suite sur 20minutes

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