France-Portugal: les tirs au but sourient enfin aux Bleus, qualifiés pour les demi-finales de l’Euro 2024

Et soudain, le souffle des Tricolores s’est relâché sur le dernier tir au but victorieux de Theo Hernandez. “Une émotion forte” pour Eduardo Camavinga, “une victoire méritée” pour Ousmane Dembélé, mais une nouvelle soirée compliquée pour les nerfs et les yeux à gérer. A l’issue de 120 minutes soporifiques, l’équipe de France a enfin vaincu la malédiction des tirs au but ce vendredi, pour se qualifier pour les demi-finales de l’Euro 2024. Le tout sans avoir marqué un seul but dans le jeu en cinq matchs (un CSC, un pénalty).

La réussite d’un futur champion? Il ne reste plus que deux matchs pour le découvrir, même si la formation de Didier Deschamps - et les choix du sélectionneur - posent question au fil des jours.

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Des mouvements en voie de disparition

Installés dans un nouveau schéma, le quatrième en cinq matchs, les Bleus ont laissé le ballon aux Portugais, se laissant l’opportunité de surprendre en contre. Malgré un système adapté pour mettre Antoine Griezmann dans les meilleures dispositions, l’équipe de France a manqué de créativité et de mouvements. Titulaire à la place de Marcus Thuram, Randal Kolo Muani s’est montré généreux mais maladroit, tout comme Kylian Mbappé, dont l’absence de vitesse en profondeur n’a pas permis aux Tricolores de se montrer dangereux.

Le seul danger dans le premier acte est venu d’une frappe lointaine de Theo Hernandez, boxée par Diogo Costa, héros de la qualification portugaise au tour précédent. Au retour des vestiaires, les Français ont récupéré le contrôle du ballon et ont affiché un meilleur visage lors du passage en 4-3-3 avec l’entrée de Dembélé à la place de Griezmann. Pendant que Kolo Muani a offert aux supporters un remake de son duel perdu en finale de la Coupe du monde, Camavinga a manqué le cadre de peu sur une frappe dans les 5,50m.

La défense toujours aussi solide, Maignan en feu

A défaut de se montrer brillants et inspirés offensivement, les Bleus ont gardé leur solidité défensive, même si Rafael Leao a fait danser plusieurs fois Jules Koundé sur son côté. Dans l’axe, William Saliba a confirmé son très bon début de compétition en éteignant les rares incendies portugais dans le jeu en première période.

Dans les buts, Mike Maignan a su sortir les arrêts lorsque le Portugal a appuyé sur l’accélérateur. Tour à tour, Bruno Fernandes, Vitinha, Cristiano Ronaldo et Nuno Mendes se sont heurtés au mur du Milan AC. Invisible pendant 120 minutes, y compris sur coup-franc et face au but, CR7 est apparu esseulé et perdu en attaque, traversant ce match comme son ombre, à l'image de son dernier Euro.

25 ans après

Un match avec deux équipes prudentes ne pouvait déboucher que sur des prolongations, même si Mbappé a eu deux opportunités de faire la différence, sans succès. Gêné par son nez, le capitaine des Bleus a quitté ses partenaires à la mi-temps de la prolongation. "Il est fatigué, évidemment. Musculairement, ce n’est pas facile avec tout ce qu’il a eu, a souligné Didier Deschamps au micro de Bein Sports. Je le voyais en difficulté pendant la première période de la prolongation. Ca ne servait à rien. Kylian a toujours été honnête avec moi et le groupe, c'était normal de mettre du sang neuf."

L’occasion parfaite pour Bradley Barcola de gratter du temps de jeu et se montrer percutant dès ses premières prises de balles. Insuffisant toutefois pour éviter la terrible séance de tirs au but, au cours de laquelle le Parisien a apporté sa pierre à l'édifice.

Maudits depuis 25 ans dans l’exercice et une soirée victorieuse face à l’Italie en 1998, les Bleus ont enfin vaincu la malédiction des tirs au but. Les plus jeunes d’entre nous ont enfin droit au bonheur dans l’exercice, après les traumatismes de 2006, 2021 et 2022. Exit les échecs de Trezeguet, Mbappé, Coman et Tchouaméni: les cinq tireurs tricolores n’ont pas tremblé (Dembélé, Fofana, Koundé, Barcola, Theo Hernandez), au contraire du poteau de Maignan sur la troisième tentative de Joao Felix, seul échec portugais de cette séance.

"On n'a pas tremblé"

Héroïque au tour précédent dans l’exercice face à la Slovénie, Diogo Costa n’a rien pu faire face à la maîtrise française à 11 mètres. "Je suis heureux, ce n'était pas un match facile. On a été solides, on les a mis en difficulté. On est allé jusqu'au bout avec notre mental. Aux tirs au but, on n'a pas tremblé", a savouré Mike Maignan au coup de sifflet final.

Finaliste lors de trois des quatres dernières compétitions internationales, la France peut continuer à croire à une nouvelle finale internationale, malgré les manquements et les interrogations. Il faudra cette fois passer au-dessus de l’Espagne, ce mardi à Munich (21h). Une autre montagne dans le paysage sinueux vers la gloire. Rien ne semble arrêter des Bleus, bancals mais encore au rendez-vous dans les moments clés.

Article original publié sur RMC Sport