La France périphérique, cette France en trop

La fracture électorale oppose désormais les grandes villes aux campagnes et aux zones périurbaines.  - Credit:SYSPEO/SIPA
La fracture électorale oppose désormais les grandes villes aux campagnes et aux zones périurbaines. - Credit:SYSPEO/SIPA

La gauche crie donc à la victoire. Elle a beau être minoritaire dans le pays, elle possède le groupe le plus large à l'Assemblée nationale. La macronie, elle, pousse un ouf de soulagement. Elle a sauvé quelques meubles. Au RN, troisième du scrutin, on fait la grimacemême si Marine Le Pen a des raisons d'être soulagée, elle qui a toujours voulu les seuls pleins pouvoirs pour appliquer son programme à la lettre. En réalité, il n'y a pas de vainqueurs dans ces législatives, et si la gauche triomphe, cela tient plus au retournement de la situation, non sans une charge émotionnelle, qu'à une vérité arithmétique : à lui seul, le Nouveau Front populaire n'a pas plus la majorité absolue que les deux autres blocs, RN et Renaissance. À LIRE AUSSI Le RN, très loin de la majorité absolue, essuie un revers

La trahison du RN

Or, pour saisir l'état politique réel de la France, il faut regarder la carte des résultats, non pas du second tour, mais du premier. La seule qui vaille. Elle ressemble, à quelques nuances près, à la carte du Front populaire de 1936, soit une implantation du RN dans des territoires de tradition égalitaire, républicaine et laïque. La carte électorale du second tour, bien que ne souffrant aucune contestation démocratique, est le résultat de désistements et d'appels au « front républicain », qui brouillent la lecture de la dynamique électorale. On sait que plus de 10 millions d'électeurs ont voté pour des candidats du RN au premier tour. Ils étaient 4 [...] Lire la suite