Euro-2024: les Pays-Bas douchent les ardeurs turques

Le Néerlandais Stefan de Vrij (c) égalise de la tête contre la Turquie en quart de finale de l'Euro, le 6 juillet 2024 à Berlin (Ronny HARTMANN)
Le Néerlandais Stefan de Vrij (c) égalise de la tête contre la Turquie en quart de finale de l'Euro, le 6 juillet 2024 à Berlin (Ronny HARTMANN)

Malgré l'ouverture du score par les Turcs, galvanisés par l'ambiance et le contexte diplomatique, les Pays-Bas ont su renverser la vapeur, samedi à Berlin, pour l'emporter (2-1) et se qualifier pour les demi-finales de l'Euro-2024 où ils affronteront l'Angleterre.

L'Olympiastadion, envahi par la marée rouge turque chauffée à blanc par la polémique sur le geste politique qui avait valu deux matches de suspension au défenseur Merih Demiral, avait tout d'un traquenard pour les hommes de Ronald Koeman.

Demiral, qui avait célébré son doublé décisif contre l'Autriche (2-1), au tour précédent, en faisant le signe de reconnaissance des Loups Gris, une organisation turque d'extrême-droite, avait même provoqué une brouille diplomatique entre Ankara et Berlin avec convocation des ambassadeurs respectifs à la clé.

L'avant-match, avec l'interruption du cortège des supporters turcs par la police berlinoise, parce que trop de supporters reprenaient le geste controversé, et l'hymne turc, où le signe avait aussi été largement repris dans les travées rouges du stade, n'avaient rien fait pour alléger l'atmosphère.

Sous les yeux de son président Recep Tayyip Erdogan, la Turquie a démarré le match idéalement, développant à merveille la toile d'araignée en 5-2-3 imaginée par le sélectionneur Vincenzo Montella et qui avait déjà si bien marché contre l'Autriche.

Si Ronald Koeman avait conseillé à ses joueurs, avant le match, de "garder la balle" pour "calmer" les Turcs, ses joueurs ont surtout semblé s'auto-anesthésier lors de la première période.

Ils n'ont pas beaucoup été inquiétés non plus, la Turquie misant presque exclusivement sur les fulgurances d'Arda Güler ou à la hargne de Baris Alper Yilmaz, capable de disputer des ballons de la tête à Virgil van Dijk, à qui il rend pourtant près de 10 cm en taille.

Mais les Turcs avaient une autre arme fatale: les coups de pied arrêtés.

C'est sur ce type de phase que l'Autriche avait cédé par deux fois et c'est à nouveau après un corner mal dégagé que Güler a enroulé une merveille de centre pour la tête de Samet Akaydin, le remplaçant de Demiral, qui a ouvert le score au deuxième poteau (1-0, 35e).

- Verbruggen sauve la patrie -

La Turquie pourra regretter les grosses occasions laissées en chemin avec un coup-franc lointain de Güler qui a touché l'extérieur du poteau et un arrêt réflexe de Bart Verbruggen sur une frappe de Kenan Yildiz à l'entrée de la surface (65e).

Le gardien batave a encore été remarquable sur sa ligne au début du temps additionnel (90+1), quelques minutes après avoir été sauvé par Micky van de Ven sur une tentative de Zeki Cleik (85e).

Mais le coaching de Koeman et la qualité du jeu néerlandais ont fini par faire la différence.

A la pause, l'entraîneur avait décidé de mettre du muscle devant avec l'entrée de Wout Weghorst qui a permis à Memphis Depay, peu en vue jusque-là, de se muer en chef d'orchestre des Oranje.

Sur un corner obtenu par Weghorts, Depay a parfaitement servi Stefan de Vrij dont la tête smashée n'a laissé aucune chance à Mert Günok (1-1, 70e).

Six minutes plus tard, c'est Denzel Dumfries, repositionné en ailier, qui a délivré un centre fuyant à ras de terre que Mert Müldür, sous la menace de Cody Gakpo, n'a pu que pousser au fond de ses propres filets (2-1, 76e).

Un épilogue amer pour les Turcs qui, sur le terrain du moins, auront séduit par leur panache et leur solidarité.

Les Pays-Bas, qui atteignent les demi-finales de l'Euro pour la première fois depuis 2008, n'auront aucun complexe à faire face à l'Angleterre, mercredi 10 juillet à Dortmund, alors que l'autre demi-finale opposera la France à l'Espagne, la veille, à Munich.

hap/bvo