Euro-2024: La France brise la malédiction des tirs au but et file en demi-finale

Théo Hernandez à Hamburg le 5 juillet 2024 (FRANCK FIFE)
Théo Hernandez à Hamburg le 5 juillet 2024 (FRANCK FIFE)

Les Bleus ont vaincu la malédiction. Après trois échecs d'affilée aux tirs au but dans un grand tournoi, l'équipe de France a réussi à écarter le Portugal de Cristiano Ronaldo, son premier adversaire d'envergure à l'Euro (0-0 a.p. 5 t.a.b. à 3), pour se hisser en demi-finales, vendredi à Hambourg.

Les Tricolores restaient sur trois déconvenues majeures dans cet exercice, en finale des Coupes du monde 2006 et 2022 et en 8e de finale de l'Euro-2021. Mais ils sont enfin parvenus à briser ce cycle infernal pour poursuivre leur aventure en Allemagne.

C'est le malheureux Joao Felix qui a vu sa tentative repoussée par le poteau de Mike Maignan, propulsant les Bleus dans le dernier carré.

Les vice-champions du monde ont désormais rendez-vous avec l'Espagne, mardi à Munich, pour un choc qui s'annonce de toute beauté entre l'impériale défense française et l'attaque tout feu tout flamme de la Roja.

Certes, les Bleus ont encore étalé leurs lacunes dans l'animation offensive mais ils ont une nouvelle fois misé sur leur arrière-garde de fer pour s'éviter une sortie par la petite porte.

Ce succès français acte le crépuscule de Cristiano Ronaldo dont l'avenir international s'annonce flou à 39 ans. CR7 rêvait d'un deuxième titre continental, huit après celui conquis au Stade de France contre les hommes de Didier Deschamps. Mais il a paru dépassé et sans influence et quitte son sixième Euro sans avoir inscrit le moindre but.

Cette qualification est en revanche une bouffée d'oxygène pour le sélectionneur français. Sous contrat jusqu'en 2026, le technicien de 55 ans aurait sans doute connu quelques turbulences en cas d'élimination prématurée en quart de finale, surtout après autant de prestations ternes. Mais il a de nouveau démontré qu'il était l'homme des grandes compétitions même si le style de son équipe fait régulièrement l'objet de critiques.

- Mbappé inquiétant -

Dans quatre jours contre l'Espagne, Deschamps aura l'occasion d'offrir une quatrième finale en cinq tournois à la France, une permanence dans les hautes sphères du football international qui a de quoi forcer le respect.

Il va surtout espérer que cet affrontement inspirera un peu plus son capitaine Kylian Mbappé, auteur d'une performance inquiétante, une très mauvaise habitude depuis le début de l'Euro. Avant de rejoindre le Real Madrid, la superstar des Bleus aura sans doute à coeur de jouer un mauvais tour à son futur pays d'adoption.

Mbappé savait que le rendez-vous face au Portugal de Ronaldo ne serait pas comme les autres. Opposé à l'idole de son enfance, il n'a pourtant pas été à la hauteur de l’évènement et est encore apparu emprunté, incapable de faire de grosses différences balle au pied.

Le capitaine, qui a connu une fin de saison chaotique au PSG, une préparation gâchée par des pépins (dos, genou) puis une fracture du nez en début d'Euro, n'a pas réussi à s'extraire de sa torpeur et a laissé tout le monde sur sa faim.

Lui qui avait tancé la veille ses coéquipiers pour leur incapacité à lui adresser des ballons en profondeur, n'a pas forcément marqué des points auprès de ses camarades. Hormis un tir enroulé sans aucun danger pour Diogo Costa, le gardien portugais (50e), il ne s'est à aucun moment distingué. Il a même connu une grosse frayeur en recevant le ballon dans la tête mais son nez cassé a bien tenu (55e), avant de céder sa place à la mi-temps de la prolongation.

Il a fallu la sortie d'Antoine Griezmann, lui aussi guère convaincant, et l'entrée en jeu d'Ousmane Dembélé (67e) pour amener du dynamisme en attaque. Le Parisien, par ses accélérations et ses centres, a semé la panique dans la défense portugaise, ce dont Eduardo Camavinga, titularisé en l'absence d'Adrien Rabiot, suspendu, a failli profiter (70e). Le Parisien a ensuite manqué de peu l'ouverture sur une frappe lontaine (74e).

La France peut surtout dire un grand merci à Mike Maignan, qui a sorti deux grosses parades devant Fernandes (60e) puis Vitinha (64e). La France n'a peut-être pas d'attaque mais elle a une défense de fer, capable de l'emmener très loin.

kn/fbx