Equipe de France: Clauss-Koundé, la primaire à droite

Le défenseur de l'équipe de France Jules Kounde (à gauche) et le sélectionneur Didier Deschamps avant un entraînement à Clairefontaine-en-Yvelines le 18 mars 2024 (FRANCK FIFE)
Le défenseur de l'équipe de France Jules Kounde (à gauche) et le sélectionneur Didier Deschamps avant un entraînement à Clairefontaine-en-Yvelines le 18 mars 2024 (FRANCK FIFE)

Jonathan Clauss, meilleur contre-attaquant, et Jules Koundé, meilleur défenseur, se disputent la place de latéral droit de l'équipe de France dans l'optique de l'Euro-2024. Nouveau sondage samedi en match amical contre l'Allemagne, à Décines.

Didier Deschamps pose le débat: le Marseillais "a une capacité offensive supérieure qui va certainement au détriment de l'aspect défensif".

"Aujourd'hui les latéraux sont souvent jugés sur les passes décisives ou les buts", poursuit le sélectionneur. "Pourquoi pas, mais un latéral est avant tout un défenseur".

Sur ces critères, Koundé pourrait avoir la préférence, surtout contre un ténor comme l'Allemagne, même si la "Mannschaft" ne vit pas sa meilleure période, éliminée dès le premier tour des deux dernières Coupes du monde et seulement 8e de finaliste du dernier Euro.

Mais Clauss a été titulaire quatre fois sur les six derniers matches des Bleus, et Koundé deux fois - il a certes manqué sur blessure (genou) le rassemblement d'octobre.

Le Barcelonais a plus d'expérience en Bleu, il compte 24 sélections (aucun but) contre 10 au Marseillais (1 but), mais le duel reste ouvert.

- Requinqués -

Les deux joueurs ont un point commun: ils ont traversé des moments difficiles en début d'année. Mais Didier Deschamps estime qu'ils se sont bien repris tous les deux.

"C'est vrai, Jules a eu une période compliquée avec le Barça, où il a alterné à gauche et droite, mais il est bien, même très bien depuis un bon mois", note le sélectionneur.

"Jonathan a eu une période difficile avec son club dans un registre un peu différent", rappelle le coach.

Critiqué publiquement par le nouveau directeur sportif de l'OM Mehdi Benatia pour son manque d'investissement, justement au bénéfice de l'équipe de France, Clauss a accusé le coup. Mais est bien revenu aussi, comme Koundé.

"La vérité du terrain lui donne raison. Tant mieux pour lui, pour son club, pour l'équipe de France, tout le monde est gagnant", commente Deschamps.

Requinqués, Koundé et Clauss sont "deux profils différents, mais c'est aussi une question d'association", ajoute le technicien. "Tout dépend du joueur qu'ils ont devant eux".

Clauss avait défendu sur Téléfoot sa complicité avec Kingsley Coman, mais le Munichois est blessé et ne jouera pas contre ses coéquipiers du Bayern.

- "Ils ont des rôles différents" -

"J'aime beaucoup jouer avec lui, je pense que ça ne lui déplaît pas de jouer avec moi, il faut continuer, on a peut-être (une carte) à jouer, oui", disait le Marseillais au sujet de Coman.

Koundé et Ousmane Dembélé ont eux évolué ensemble à droite à la Coupe du monde, et épisodiquement depuis.

Le Barcelonais avait aussi demandé à évoluer dans l'axe, mais Deschamps l'avait poliment recadré en septembre, incluant Pavard à l'époque dans la discussion. "Jules le sait, comme Benjamin, quand je les appelle en équipe de France, c'est d'abord pour être latéral droit". Et s'ils ne l'acceptaient plus ? "Je réfléchirais", répondait le sélectionneur.

Si elle dispose d'un réservoir impressionnant en défense centrale, au milieu ou en attaque, l'équipe de France est légèrement moins riche pour les postes de latéraux, les frères Théo et Lucas Hernandez étant bien partis à gauche, le premier sans doute comme titulaire, le deuxième bénéficiant de sa polyvalence.

"Aujourd'hui, pour le poste de latéral il n'y a pas un axe de formation, c'est souvent des offensifs qui reculent, voire des axiaux de formation qui jouent à droite", note Deschamps.

"DD" a annoncé qu'il voulait donner le maximum de temps de jeu à tout le monde durant ce rassemblement. Koundé et Clauss joueront donc au moins chacun une rencontre, en sachant que le match contre les futurs hôtes de l'Euro (14 juin-14 juillet) aura plus de poids que celui contre le Chili, mardi à Marseille. La primaire à droite reste ouverte.

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