«Le Deuxième Acte» de Quentin Dupieux ou la difficulté de séparer le cinéma de l'envers du décor

Léa Seydoux et Raphaël Quenard dans Le Deuxième Acte de Quentin Dupieux, film d'ouverture du 77e Festival de Cannes et qui sort le mercredi 15 mai en France. | Chi-Fou-Mi Productions / Arte France Cinéma
Léa Seydoux et Raphaël Quenard dans Le Deuxième Acte de Quentin Dupieux, film d'ouverture du 77e Festival de Cannes et qui sort le mercredi 15 mai en France. | Chi-Fou-Mi Productions / Arte France Cinéma

«C'est le chaos dans mon métier», se lamente Guillaume, célèbre acteur joué par Vincent Lindon dans Le Deuxième Acte. Le nouveau film de Quentin Dupieux, qui était programmé pour ouvrir le Festival de Cannes 2024, mardi 14 mai, et en salles dès ce mercredi 15, raconte le tournage pénible de quatre acteurs français, incarnés par Vincent Lindon, Léa Seydoux, Raphaël Quenard et Louis Garrel.

Intelligence artificielle, egos mortifères, peur d'être «cancelled», agressions sexuelles: le cinéaste dresse un portrait à peine satirique du monde du cinéma contemporain et s'interroge sur la capacité du septième art à encore nous faire rêver. Un choix très à propos pour ouvrir le 77e Festival de Cannes, alors que chaque nouvel événement cinématographique semble désormais indissociable de nouvelles polémiques et revendications.

En début de semaine, alors que la Croisette mettait la touche finale aux préparatifs du festival, une rumeur lancée depuis plusieurs jours était sur toutes les lèvres. Le média en ligne Mediapart allait-il, oui ou non, publier une enquête venant accuser, juste avant la cérémonie d'ouverture, plusieurs acteurs et producteurs du cinéma français de violences sexistes et sexuelles, semant la zizanie dans la plus grande manifestation cinématographique de l'année?

Mediapart a fini par démentir, lundi 13 mai au soir. Le même jour, lors de sa conférence de presse, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a de son côté assuré: «Cette année, on a décidé de faire un festival sans polémique.» Pourtant, un vent d'anticipation mi-inquiète mi-voyeuriste restait palpable autour du Palais des festivals à la veille du lancement.

Une industrie aux abois

Il faut dire que le personnage de Vincent Lindon n'a pas tort: c'est effectivement le chaos dans le métier. Sept ans après #MeToo et la chute du producteur Harvey Weinstein et cinq ans après les accusations d'Adèle…

Lire la suite sur Slate.fr