La contribution des JO 2024 à la croissance ne sera pas nulle

Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris devraient bel et bien ressembler à ceux de Londres douze ans plus tôt sur le plan économique. C'est ce que confirme ce mardi l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans sa dernière note de conjoncture. L'Insee a ici tenté d'évaluer la contribution de l'événement au PIB français en 2024.

Au cours du troisième trimestre durant lequel se dérouleront les épreuves, l'effet des JO sur la croissance française se chiffre à 0,3 point mais sera suivi d'un contre-coup au dernier trimestre puisque le PIB baissera alors de 0,1 point.

Sur l'ensemble de l'année 2024, les Jeux ne devraient ainsi contribuer qu'à hauteur de 0,1 point à la croissance du PIB français qui est attendue à 1,1%. Outre-Manche, les Olympiades londoniennes avaient suivi une trajectoire similaire avec un effet sur la croissance britannique estimé entre 0,2 et 0,4 point au troisième trimestre 2012 avant que le PIB recule de 0,2% au quatrième trimestre.

"Côté demande, la contrepartie de ce surcroît d’activité se partage à parts égales entre la consommation des ménages et les exportations de services (y compris tourisme)", anticipe l'institut.

Un quart de point de PIB lié aux ventes de billets et des droits télévisuels

Comme l'évoquait le Centre de droit et d'économie du sport (CDES) lors de la publication de son étude d'impact mi-mai, le secteur de la construction a d'ores et déjà enregistré des retombées positives durant la phase de préparation bien qu'il ait été moins sollicité qu'à Londres où de nombreuses infrastructures sont sorties de terre pour les Jeux. Selon l'Insee, la contruction des ouvrages olympiques aurait généré une hausse de l'activité de deux milliards d'euros entre 2020 et 2023.

"En équivalent temps plein, la livraison d’ouvrages olympiques impliquerait 4.300 emplois en 2023 contre 1.600 en 2024: la contribution à la croissance est donc plutôt négative en 2024 même si la construction des infrastructures temporaires pourrait limiter ce recul", relève toutefois l'institut.

Pendant la période olympique, deux facteurs vont doper la croissance française à hauteur d'un quart de point de PIB au troisième trimestre. D'abord la vente des billets qui, même si elle s'est déroulée en grande partie en 2023, n'est comptabilisée qu'au moment de la consommation du service. Dans le détail, un tiers de ce poste reviendra aux exportations car un spectateur sur trois sera étranger.

La logique est d'ailleurs similaire pour le second facteur: les recettes liées aux ventes des droits télévisuels qui sont majoritairement vendus à l'étranger. Dans les deux cas, un contrecoup équivalent au surplus d'activité enregistré au troisième trimestre surviendra en fin d'année.

Des effets sur l'activité de l'hôtellerie-restauration et des transports

A ces effets sur l'activité directement liés aux Jeux olympiques s'ajoutent des retombées dans des secteurs davantage "périphériques" à l'événement. C'est le cas de l'hébergement-restauration dont les acteurs franciliens se montrent plutôt optimistes dans les enquêtes de l'institut, eux qui ont déjà profité au premier semestre de la réouverture des lignes aériennes internationales, en particulier avec l'Asie.

Malgré ce climat d'affaires positif, l'hypothèse d'un surcroît d'activité reste conditionnée à l'ampleur d'un potentiel effet d'éviction lequel avait été particulièrement fort à Londres mais pourrait être bien moindre à Paris selon le CDES.

"La consommation d’hébergement-restauration pourrait être rehaussée de +0,6 point au troisième trimestre 2024, avec un contrecoup équivalent au quatrième trimestre 2024", indique l'Insee.

Les transports en commun franciliens vont également bénéficier d'une fréquentation en hausse par rapport à un été habituel, en témoigne l'augmentation de 15% de l'offre durant les Jeux par Île-de-France Mobilités. De même, l'institut évoque des effets sur le trafic ferroviaire longue distance, certaines épreuves se déroulant en région, avec là aussi la mise en vente par la SNCF de 400.000 places supplémentaires sur les trajets grandes lignes cet été. "L’impact total sur la consommation de transport attribuable aux JOP serait ainsi de l’ordre de +1,4 point au troisième trimestre 2024", estime l'Insee.

Plus inattendu, les primes exceptionnelles versées aux agents publics devraient avoir un impact de l'ordre de 400 millions d'euros, mais réparti sur plusieurs trimestres, en "matérialisant le service additionnel rendu par les pouvoirs publics durant cette période." Cependant, l'ensemble de ces effets restent incertains et n'ajouteraient que 0,05 point à la croissance du PIB au troisième trimestre.

Article original publié sur RMC Sport