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Cannes, un festival qui se tient sage

Merci Catherine Breillat. Ce remerciement peut paraître ironique - l’auteur de ses lignes n’a pas trop apprécié « L’Été dernier », critique à venir - mais il a fallu attendre l’avant-dernier jour de la compétition pour que l’on exprime verbalement son rejet de ce qui se passe à l’écran - à savoir la relation sexuelle et toxique entre un ado et sa belle-mère. Même le si calme Cineum a poussé des cris d’orfraie. Car oui, lors de ce 76e Festival de Cannes, les polémiques n’étaient pas dans les films mais dans leur fabrication - du choix d’un acteur (Johnny Depp dans « Jeanne du Barry ») à une scène d’amour non déclarée et non montée (dans « Le Retour » de Catherine Corsini).

Fort de son sujet radical - « La Grande bouffe » version secte diététique - « Club Zéro » de Jessica Hausner a bien provoqué quelques hauts le cœur lors d’une scène de vomi qui pourrait plaire au président du jury Ruben Östlund. Mais sa mise en scène distanciée et le jeu atone des acteurs empêchaient toute identification.

Grand film de cette édition, « The Zone of Interest » de Jonathan Glazer aurait pu lui aussi provoquer l’abjection par son choix de filmer l’horreur de la Shoah du point de vue du directeur du camp d’Auschwitz et de sa famille, mais fallait-il encore posséder le bagage théorique pour se jeter dans la discussion.

Alors, on doit se contenter de miettes de polémique - une série HBO qui provoque l’hystérie, un vieux maître espagnol qui s’offusque de sa non-sélection en compétition -, ju...


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