Bordeaux-Rodez: l'avocat du supporter bordelais reconnaît "un coup de colère idiot"

L’épilogue de la saison de Ligue 2 est suspendu à la décision de la commission de discipline de la Ligue de football professionnel, laquelle va se pencher ce lundi sur l’incident qui a émaillé la rencontre chaotique entre Bordeaux et Rodez, vendredi, entraînant l’interruption du match. La décision a son importance car Bordeaux joue la montée en Ligue 1, tandis que Rodez lutte à distance avec Annecy pour ne pas descendre à l’échelon inférieur. Après l’ouverture du score de Lucas Buades, un supporter des Girondins s’est introduit sur la pelouse pour bousculer le buteur ruthénois qui s’est effondré sur le terrain, "commotionné" selon l’arbitre de la rencontre dans un premier temps. Un diagnostic qui a ensuite peiné à être confirmé.

Une affaire "terrible pour le football"

"Il a eu un coup de colère, c’est complètement idiot de sa part, a reconnu l’avocat du supporter incriminé, ce matin sur BFMTV. Il a estimé que le joueur venait chambrer trop près de la tribune ce qui présente aussi un danger pour le joueur. Il est sorti de cette tribune pour le pousser. D’ailleurs, on a analysé les vidéos pendant tout le week-end avec les services de police, il n’est même pas sûr qu’il touche M. Buades. On est certain qu’il touche un joueur qui, je crois n’est même pas sur la feuille de match, un joueur qui sort du banc, le n°25. Mais on n’a pas la certitude qu'il touche M.Buades qui est emporté par sa poussée, il le reconnaît parfaitement. C’est son geste qui entraîne sa chute, mais on n’est même pas sûr que ce soit lui qui ait touché M. Buades à l’analyse vidéo, on y a passé des heures."

Si Me Azera reconnaît volontiers que le geste de son client est "inacceptable" - "il n’avait pas à le faire", a-t-il martelé - l’avocat a également souligné que la poussette n’était "pas destinée à faire mal". "Si les faits avaient été considérés comme aussi graves que cela, vous vous doutez bien qu’il n’aurait pas été convoqué à comparaître dans quatre mois par le procureur de la République", a-t-il plaidé. Par ailleurs, Me Azera a aussi suggéré qu’il pouvait y avoir dans cet "effet médiatique", qui est "terrible pour le football", une "surexploitation de cet événement par le club de Rodez".

Une défaite sur tapis vert de Bordeaux entraînerait le relégation du club d’Annecy, doublé par Rodez, et aurait des conséquences financières importantes pour les clubs concernés. Si "aucune violence sur un terrain ne doit donc avoir lieu", en revanche "profiter d'événements extérieurs pour en tirer profit comme le maintien de son club, en trahissant le football, est aussi contraire à l'éthique sportive (...) car il s'agit de la forme de tricherie la plus élaborée, ce qui est très grave. Qu'il gagne sur le terrain, et nous les féliciterons comme nous l'avons fait pour nos concurrents qui sont aujourd'hui maintenus", a dénoncé Sébastien Faraglia, président d'Annecy, dans un communiqué publié dimanche.

Article original publié sur RMC Sport