Binationalité : ces Franco-Italiens s’attendaient à une telle mesure de la part du RN

Photo d'illustration de Venise, en Italie.   - Credit:Sergi Reboredo / VWPics/SIPA / SIPA
Photo d'illustration de Venise, en Italie. - Credit:Sergi Reboredo / VWPics/SIPA / SIPA

Pour Tommaso*, bibliothécaire installé à Paris depuis quatorze ans, les sorties du RN contre les binationaux n'ont rien d'étonnant. « Une partie de moi s'y attendait même, vu le virage à droite pris en Europe. » Pas de quoi, pour autant, renoncer aux démarches lancées en début d'année en vue d'obtenir la double nationalité. « Parce que je ne réduis pas l'identité de cette nation au Rassemblement national », assure-t-il.

« J'avais peur de perdre des droits »

Cet Italien, originaire du sud de la Botte, a pourtant senti le vent tourner : « J'ai vu que le climat était instable. Je me demandais combien de temps les accords de Schengen allaient encore tenir. J'étais anxieux et j'avais peur de perdre des droits, de devoir faire un choix. J'ai donc décidé de faire la demande. » Loin pourtant, à l'époque, d'imaginer une arrivée concrète du RN au pouvoir. Avec quelles conséquences pour son dossier ? Le flou demeure « même si, ajoute-t-il, ce n'est pas sur les Italiens qu'ils vont se jeter en premier […] la plupart de la violence se déchaînera contre les populations déjà stigmatisées par le Rassemblement national ».

Dans l'ombre de Giorgia Meloni

Inquiétude bien partagée par Bianca, binationale de 35 ans, arrivée à Palerme après une décennie parisienne. Elle a fait sa demande en 2015, après les attentats : « Comme beaucoup de gens qui vivaient près du Bataclan, j'avais ce fort sentiment d'appartenance. Il y a eu un changement dans ma perception des choses et j'ai voulu ê [...] Lire la suite