"Anatomie d'un naufrage", "discours combatif": la classe politique réagit au discours Justine Triet

CHRISTOPHE SIMON / AFP

Justine Triet a remporté ce samedi la Palme d'or pour "Anatomie d'une chute", la troisième jamais décernée à une réalisatrice, et a profité de la tribune pour lancer une attaque contre la politique du gouvernement français sur la culture et les retraites.

La première réaction est venue de la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak. Elle s'est dite "estomaquée par son discours si injuste": "Ce film n'aurait pu voir le jour sans notre modèle français de financement du cinéma qui permet une diversité unique au monde. Ne l'oublions pas", a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.

"C'est la gauche résistante qui a créé le festival"

Mais d'autres personnalités politiques ont réagi au discours de la cinéaste. A gauche, Eric Coquerel a salué dans un tweet, le "discours combatif" de Justine Triet.

Tout comme Jean-Luc Mélenchon qui a salué le "courage" de la réalisatrice "en plus de son talent". "C'est la gauche résistante qui a créé le festival", a-t-il tweeté.

"Rebelles de salon"

Le ministre de l'Industrie, Roland Lescure a regretté "l'ingratitude d'une profession que nous aidons tant".

Le député Renaissance du Bas-Rhin, Charles Sitzenstuhl, a ironisé sur les "rebelles de salon". "Ah! la fameuse France 'néo-libérale', qui défend l’exception culturelle (contre les logiques de marché) et subventionne sur fonds publics son industrie cinéma", a-t-il tweeté.

Le député Renaissance Eric Woerth a qualifié le discours de Justine Triet d'"anatomie d'un naufrage", en référence au titre de son film.

Enfin, la députée RN Caroline Parmentier a salué dans un tweet "pour une fois que Cannes n'est pas déconnecté".

Recevant la Palme d'or à Cannes, Justine Triet s'est lancée dans une diatribe contre le gouvernement:

Cette année, le pays a été traversé par une contestation historique, extrêmement puissante, unanime de la réforme des retraites".

Ajoutant: "Cette contestation a été niée et réprimée de façon choquante, et ce schéma de pouvoir dominateur de plus en plus décomplexé éclate dans plusieurs domaines. Evidemment socialement, c'est là où c'est le plus choquant, mais on peut aussi voir cela dans toutes les autres sphères de la société, et le cinéma n'y échappe pas. La marchandisation de la culture que le gouvernement néolibéral défend, est en train de casser l'exception culturelle française."

Article original publié sur BFMTV.com