Viande de cheval: perquisition chez Spanghero où le travail a repris

L'enquête sur le scandale de la viande de cheval est véritablement entrée dans sa phase judiciaire mardi avec une perquisition et des auditions chez Spanghero à Castelnaudary, à peine l'entreprise au coeur de l'affaire avait-elle péniblement repris le travail.

Les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) et les services de la direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF), soutenus par les gendarmes locaux, sont arrivés en début d'après-midi et ont entrepris de perquisitionner les lieux, d'entendre des cadres et d'étudier le contenu des ordinateurs, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

La vingtaine d'enquêteurs est repartie après 21H00 après avoir chargé de lourdes sacoches vraisemblablement remplies de documents à l'arrière de plusieurs voitures.

Place est donc faite désormais à la justice et à la réponse pénale que le président François Hollande lui-même a réclamée "si le dossier le justifie". Le gouvernement avait clairement signifié que la justice ne traînerait pas.

Tandis que se poursuivait l'enquête administrative, une enquête préliminaire avait en effet été ouverte. C'est au pôle santé du parquet de Paris que les investigations ont été centralisées très vite après la révélation début février que la viande de cheval retrouvée en Grande-Bretagne dans des plats cuisinés prétendument préparés au boeuf avait transité par des intermédiaires français.

Parmi ces derniers, Spanghero a été ouvertement désignée par le gouvernement comme la principale responsable du scandale. Dès le 8 février, le service d'enquête de la répression des fraudes était chez Spanghero. Les inspections de la DGCCRF ont mis au jour un "faisceau d'indices graves, précis et concordants" d'une tromperie à l'échelle européenne, selon le gouvernement.

Selon la répression des fraudes, Spanghero a triché sur l'étiquetage de la viande et a sciemment revendu du cheval pour du boeuf à des sociétés comme Comigel, fabricant de lasagnes pour Findus.

L'agrément de Spanghero a été suspendu pendant quatre jours, forçant à l'arrêt une entreprise de 300 salariés inquiets pour l'avenir. Une fois prises les dispositions administratives et sanitaires, le gouvernement s'est empressé lundi de rétablir un agrément partiel permettant à Spanghero de recommencer à produire.

Le travail a bel et bien repris mardi matin, mais pas la production à proprement parler. Et les employés avaient bien conscience que l'avenir de leur société dépendait désormais du bon vouloir des clients selon qu'ils accepteraient ou non de traiter à nouveau avec l'entreprise.

La fabrication de plats cuisinés comme les cassoulets et les confits, de viande tranchée, de steaks hachés, de brochettes et de charcuterie devrait recommencer à petit régime à partir de mercredi, puis monter en cadence en fonction des commandes, a dit à l'AFP, l'air sombre, un cadre sous couvert de l'anonymat.

Mais "ça va être très compliqué, ça va prendre beaucoup de temps", a-t-il reconnu en invoquant le coup pour l'image de l'entreprise.

L'activité par laquelle le scandale est arrivé chez Spanghero (le négoce de viande non préparée vendue à des entreprises l'utilisant dans des plats cuisinés) reste, elle, frappée de suspension d'agrément.

Elle ne représentait qu'une part minimale du chiffre d'affaires de l'entreprise: 1 ou 3% selon les interlocuteurs. Mais les salariés mesuraient le tort subi et la nécessité de faire revenir les clients, non sans en vouloir, parfois, au gouvernement pour sa rapidité à sévir.

"Ils se sont trop pressés", reproche David, "nous, on a toujours été consciencieux. Mais si la viande coule, on coule avec".

La grande distribution, qui représente une part considérable du fonds de commerce de Spanghero, était appelée à prendre des décisions lourdes de conséquences. Au siège, on s'est donc activé au téléphone mardi pour savoir qui restait en affaires avec Spanghero. C'était avant l'arrivée des gendarmes.

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