Souveraineté spatiale européenne : "L'horizon est dégagé pour les années à venir", estime Jean-Yves Le Gall

Une fusée Ariane 5 au décollage de la base de Kourou, en Guyane française.

L'agence spatiale européenne (ESA) s'est dotée ce jeudi 28 novembre d'un budget record de 14,4 milliards d'euros pour financer ses futurs programmes entre 2020 et 2024. Cet investissement massif, destiné à concurrencer les Etats-Unis et la Chine dans un secteur chamboulé par l'arrivée du programme Space X d'Elon Musk, s'ajoute aux 16 milliards d'euros versés pour la période 2021-2027 par la Commission européenne. Soit un peu plus de 7,1 milliards d'euros par an pour les années 2020, contre 4,1 milliards pour 2019. Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d'études spatiales (Cnes), détaille pour Marianne les enjeux stratégiques de la guerre des étoiles pour les années à venir.

Marianne : Concrètement, à quoi serviront les 14,4 milliards d'euros votés par les 22 pays membres de l'ESA ?

Jean-Yves Le Gall : Ils seront employés pour un programme très diversifié : l'accès à l'espace avec le développement de lanceurs (les fusées Ariane, par exemple, ndlr), l'exploration de la lune et de Mars avec des missions robotiques, les missions scientifiques, les télécommunications et l'observation de la Terre, ou encore la sécurité spatiale.

Ce budget met l'accent sur les moyens d'observation de la Terre, notamment dans un but écologique. Est-ce une spécificité européenne ?

De fait, oui, parce que les Américains consacrent moins d'argent aux instruments spatiaux d'observation de notre planète depuis l'élection de Donald Trump, alors que la prise de conscience est au contraire très forte en Europe. J'en veux pour preuve le montant obtenu hier, qui dépasse ce que nous avions demandé alors que d'habitude, il faut demander quinze milliards pour espérer en obtenir douze.

Lire la suite