«Souvenons-nous que jadis, les médecins étaient considérés comme des demi-dieux!»

Brunat, David
L’équipe médicale de l'hôpital de Compiègne salue la mémoire du médecin urgentiste Jean-Jacques Razafindranazy, décédé en luttant contre la pandémie. 23 mars 2020 / RICHARD DUGOVIC/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE - David Brunat rend hommage aux personnels soignants en première ligne face à la pandémie. Cette crise doit selon lui nous conduire à revaloriser leur statut dans notre société et à repenser les bienfaits de l’art médical.

Ancien élève de l’École normale supérieure et de Sciences Po, David Brunat a été membre du cabinet de plusieurs ministres. Par ailleurs écrivain et conseiller en communication, il a notamment publié Giovanni Falcone, un seigneur de Sicile, paru en 2014 aux Belles Lettres.

Dans la guerre au virus qui fait trembler le monde sur ses bases, ils sont en première ligne et certains d’entre eux sont déjà tombés au champ d’honneur. D’abord en Chine, puis en Italie, puis en France. Ils vont payer un lourd tribut dans ce combat contre un ennemi public redoutable et microscopique, omniprésent mais invisible.

Chaque soir à l’heure où noircit la campagne, les blouses blanches sont applaudies à tout rompre. Ce moment de soutien sonore aux enfants d’Hippocrate, quelque visage qu’ils aient - médecin, infirmier, aide-soignant, brancardier, etc. -, c’est, au-delà d’une manifestation de gratitude infiniment méritée, une sorte de prière laïque vespérale adressée à ceux qui luttent pour notre santé, notre sécurité, notre salut prophylactique.

Jadis, les médecins jouissaient d’un statut social qui les apparentait, on exagère à peine, à des demi-dieux. La Faculté avait à peu près l’autorité de l’Olympe. Que les disciples d’Hippocrate fussent dans le même temps moqués par la comédie moliéresque ou par les meilleurs romanciers, n’y changeait rien. Puis, de réformes administratives en mesures d’économies, on assista à une terrible perte de prestige de l’hôpital public, assortie d’une démonétisation croissante de l’activité de soignant.

Or, l’épidémie que nous traversons met en évidence la valeur intrinsèque fondamentale du métier de soignant. C’est le sens de l’élan de solidarité qui s’observe en direction de tous ceux qui sont sur le terrain pour (...) Lire la suite sur Figaro.fr

Coronavirus: les médecins de ville, inquiets et déjà en première ligne 
Coronavirus: les hôpitaux se préparent à prendre en charge un afflux de malades 
Inscrivez-vous à la newsletter du Figaro