Le soutien paradoxal des Turcs d’Allemagne

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Aux dernières législatives, 59,7 % d’entre eux ont voté pour le parti d’Erdogan, un score bien plus élevé qu’en Turquie. Mais dans le même temps, ils saluent en Allemagne des libertés bafouées dans leur pays d’origine.

Dans son petit atelier de couture, dans le quartier de Schöneberg à Berlin, Mehmet passe ses journées courbé sur une vieille Singer. Une pile de vêtements sur sa gauche, des bobines de fil de toutes les couleurs face à lui. Derrière lui, un petit poste de radio alterne musique et informations, le tout en langue turque. Seuls les clips publicitaires sont en allemand. Au mur, un portrait de son président, Recep Tayyip Erdogan.

Un ourlet de pantalon l’occupe ce jour-là. Mehmet, 63 ans, vit en Allemagne depuis une cinquantaine d’années. «J’avais 13 ans, et je ne parlais pas un mot d’allemand lorsque je suis arrivé, explique-t-il. Je n’ai jamais vraiment appris la langue…» De fait, Mehmet s’exprime dans cet allemand approximatif que parlent nombre de ses compatriotes de son âge. Lorsqu’il a trop de travail, Mehmet recourt aux services de l’un de ses deux salariés à temps partiel, des Turcs. Le dimanche, il fréquente un café turc du quartier multiculturel de Kreuzberg. Ses clients sont le seul contact qu’il a avec les Allemands.

Consulats. En avril, Mehmet votera pour la réforme constitutionnelle voulue par le président turc. Sur les trois millions de personnes d’origine turque vivant en Allemagne, 1,4 sont inscrites sur les listes électorales des consulats turcs. Aux dernières législatives, 49,5 % des Turcs avaient voté pour le parti du président Erdogan, l’AKP. Mais les Turcs d’Allemagne ont, eux, voté à 59,7 % pour celui-ci.

«Les Turcs d’Allemagne apprécient les avantages et la liberté que leur garantit la Constitution allemande et ils s’apprêtent à voter majoritairement pour une révision constitutionnelle en Turquie qui restreindra les libertés en Turquie. C’est presque schizophrène», fait remarquer Detlef Pollack, sociologue des religions à l’université (...)

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